22.08.2009

Les mots internationaux au secours des touristes

american-tourists(1).jpgAu grand soulagement de n'importe quel étranger se trouvant en Russie pour la première fois, il y a une assez longue liste de mots internationaux dans utilisés par les russes. Quand on dit mot internationaux, il faut bien comprendre mots à sonorité anglaise. Prenez, par exemple, n'importe quel pauvre étranger courant d'une manière bizarre dans un centre commercial géant à la recherche des toilettes : il sera heureux d'apprendre que bien que le mot russe pour désigner les toilettes ait une sonorité légèrement  différente - « too-al-yet »  - il est assez probable qu’après quelques secondes de gesticulations en répétant "toilettes ", il trouvera avec succès les fameux toilettes.

 

Beaucoup de ces mots internationaux sont particulièrement commodes pour les voyageurs. Les mots comme aéroport,  taxi et banque, par exemple, sont pratiquement les mêmes en russe comme en anglais : « airport » devient « aéroport »,   « taxi » reste  le même mot en appuyant sur la deuxième syllabe  « tak-SI » et la banque reste la banque, mais avec un son « a » plus doux. De même, bien que le mot russe pour hôtel soit d'habitude « gos-tin-itsa », le mot  « o-tel  » est souvent utilisé. Ainsi pour n'importe quel touriste sortant de l'avion, il est relativement simple de trouver un taxi et un hôtel.

 

Une soirée en ville serait également tout à fait gérable pour une personne peu familière avec le russe. Trouver son chemin vers le bar le plus proche, le café, ou le parc exigent seulement un changement léger dans la prononciation : pour le bar et le parc, roulez simplement le son  « r » du mieux que vous pouvez . Le mot café, lui, reste le même.

 

Il y a une croyance très répandue parmi les touristes qui dit que la langue russe manque de caractère et emprunte simplement ses mots à d'autres langues. Quelqu'un familier avec le russe sait très bien que rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, mais le fait que ces touristes remarquent souvent la fréquence de mots internationaux montre que la liste de tels mots est en expansion et que le russe, qui n’est pas une langue d’arrière garde, s'est adapté. Ainsi, il y a eu beaucoup de nouveaux compléments au vocabulaire russe ces dernières années et beaucoup d'entre eux sont presque identiques à leurs équivalents en global english, à part la fin, qui se termine persque toujours par  « -ovat ». Ainsi, les mots comme « adapter » et « compenser » deviennent « adapt-ir-ovat » et « compen-sir-ovat » sous la forme nominative en russe. Beaucoup d'adjectifs sont en russe aussi immédiatement reconnaissables par les  étrangers : « roman-ti-chis-kiy » (romantique), « drama-ti-chis-kiy » (dramatique, spectaculaire).

 

Oui bien sûr, qui pourrait oublier les prétendus « faux amis » dans la langue russe - des mots qui semblent trompeusement semblables aux mots anglais, mais signifient en fait quelque chose d'entièrement différent. C'est pourquoi il est important de ne pas devenir trop dépendant de ces  « mots internationaux », on se fait trop facilement avoir par des mots aux sonorités semblables. C'est très courant chez les débutants étudiant le russe qui s'accrochent à chaque aspect de la langue qui leur semble familière et associent des mots aux sonorités familières avec ce qu’ils croient être leurs équivalents dans d'autres langues. Ce n'est pas forcément une bonne chose.

 

Ainsi un Etatsunien  visitant Moscou  racontait à une amie russe sa première nuit sur place, quand un homme aux yeux fous, ivre s'est approché de lui dans le métro. Comme cet ami connaissait peu le russe, il a cru bon de crier à cet homme étrange un mot qui lui semblait avoir la même signification en russe et en anglais .

"Je lui ai crié le mot russe pour dire '"fou."  "Lunatic " . Et je suppose que ce mot l'a offensé, parce qu'il a semblé assez fâché quand je le lui ai dit." 

Son amie russe lui expliqua alors que l’homme n’étais pas fâché, mais qu’il a été certainementembarrassé. Parce qu’il s’était fait traiter de somnambule. En Français le même mot « lunatique »  désignerait une personne pas forcément folle, mais à l’esprit changeant.

 

 

 

Source: rbth.ru

 

 

 

Bienvenue au camp d'été des Nachi

nashi_compound.jpgIl est 8 heures du matin, sur les bords du pittoresque lac Seliger, à 340 km au nord-ouest de Moscou. Des haut-parleurs crachent l’hymne national russe. Les centaines de participants du camp Seliger se massent devant une scène décorée de portraits et citations du président Dmitri Medvedev et du premier ministre Vladimir Poutine, pour la séance matinale de culture physique.

Les quatre années précédentes, ce camp patriotique était organisé par les Nachi (« Les Nôtres »), un groupe de jeunesse pro-Kremlin. Cet été, l’agence fédérale pour les affaires de la jeunesse, dirigée par l’ancien chef des Nachi devenu haut fonctionnaire, a reçu plus de 2 millions d’euros de fonds publics pour prendre en main le camp durant tout l’été. Cinquante mille jeunes au total auront passé une semaine ou plus dans le village de tentes aux abords de Seliger. C’est dix fois plus que l’an dernier.
"Allez ! Dmitri Medvedev doit voir que nous sommes pleins d’énergie ", lance un animateur aux jeunes en train de se dégourdir. L’après-midi, ils s’entretiendront avec le président par vidéoconférence.

 

Quelques centaines de mètres plus loin, une série de croix forme le " cimetière des inventions qui auraient pu appartenir à la Russie ". Les épitaphes relatent l’histoire de l’ampoule électrique, la radio ou encore de l’hélicoptère que des Russes auraient été les premiers à développer, mais qu’un Américain ou, pire, des Russes émigrés ont brevetés à l’étranger. Ievgueni Kourkine, 23 ans, s’assure que cela ne se reproduira plus. Dans l’une des tentes du camp, l’étudiant de Samara règle les détails d’un contrat avec le directeur innovation d’Onexim Group, Mikhaïl Rogatchev. Ce dernier est prêt à investir un million de roubles (23.000 euros) dans le développement de la turbine éolienne conçue par Ievgueni et son équipe. " Appuyer ces projets est pour nous un moyen de former une demande pour l’innovation en Russie, explique Mikhaïl Rogatchev. Nous croyons qu’il est important que notre jeunesse énergique soit soutenue. "

Le début d'un nouveau cycle

 

Dans un pays où les mots durs de Poutine envers un dirigeant peuvent faire chuter d’un tiers la valeur des actions d’une entreprise en une journée, c’est une façon, pour les hommes d’affaires, d’assurer leurs bonnes relations avec le pouvoir. Lors de la vidéoconférence, Dmitri Medvedev se félicitera d’ailleurs qu’Onexim Group appuie ces projets.

Sous un autre chapiteau, de jeunes inventeurs en sont encore à convaincre des investisseurs potentiels. " Vous devriez mieux montrer votre avantage concurrentiel  ", suggère l’un des hommes d’affaires à une jeune fille après sa présentation : elle aurait peut-être dû se procurer l’une des dizaines de traductions de livres américains qui promettent la recette miracle pour devenir millionnaire, en vente dans la tente voisine.

Seliger est maintenant plongé dans le capitalisme. « Nous commençons un nouveau cycle, explique Ilia Kostounov, l’énergique directeur du camp. Les premières années, il n’y avait qu’une thématique : la politique. Nous devions préparer de jeunes politiciens. » Résultat : cinq anciens campeurs de Seliger sont devenus députés, et près d’une trentaine siègent dans les parlements régionaux. " Par analogie, nous voudrions, dans trois ans, avoir cinq multinationales et une trentaine de compagnies régionales " issues de Seliger, rêve Ilia Kostounov.

Gleb Pavlovski, conseiller des présidents russes, confirme le changement de fonction de la jeunesse poutinienne. " Il y a quatre ans, il y avait une menace ; leur rôle était de contenir les mouvements antiétatiques. Aujourd’hui, il faut moderniser le pays. " Pas question toutefois de couper les vivres aux Nachi, assure Gleb Pavlovski. La menace peut resurgir à tout moment. En ce cas, les forces vives de la jeunesse patriotique russe seront toujours mobilisées.

 

 

 

Source: LA CROIX

Le punk russe a du mal à trouver ses limites

capt.photo_1250425430066-1-0.jpgLe punk a quasiment disparu des médias russes depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Ce bannissement a poussé de nombreux groupes punks vers une musique plus consensuelle, mais pas PTVP (Les derniers chars dans Paris). Et depuis qu'une dépêche de l'AFP a traduit les paroles de leur chanson anti-Poutine, les médias occidentaux, cela n'a rien d'étonnant, ne jurent que par ce groupe .

La chanson qui fait allusion à Vladimir Poutine s'appelle "La pute du FSB" Ses paroles, très élaborées comme il se doit chez ce genre d'individus, vont bien droit au but :

-Il vous ment toujours /Il ne faut pas l'écouter /Poutine, Poutine, Poutine, /Un cochon trouvera toujours de la merde pour se rouler dedans.

Dans son répertoire, le groupe a d'autres chansons où il s'en prend au Premier ministre russe.  Avant de commencer, le chanteur du groupe petersbourgeois, Alexeï Nikonov, récite quelques vers à propos de Poutine, "le rat".:

-Bonjour Beslan, Bonjour Tchétchénie, bonjour les flics, bonjour mon pays /Mon pays libre, mon pays libre, mon pays libre, un million de kilomètres de merde /Bonjour Nord-Ost, bonjour Moscou, bonjour le peuple, bonjour mon pays /Mon pays libre, mon pays libre, mon pays libre, un million de kilomètres de merde.

On se doute qu'avec de tels propos on ne risque pas de les voir passer sur les chaïnes publiques. Ils ont droit d'avoir leurs opinions, mais elles ne seront pas forcément celles de tous leurs compatriotes.

Youri Jakor membre de Nashi, un mouvement de jeunes pro-Kremlin, n'aime pas la musique des groupes punks russes et il explique pourquoi.

"Je n'aime pas les PTVP, mais pas à cause de leurs prises de position politiques : ce qui me dérange, ce sont leurs paroles en général. Une de leurs chansons les plus connues commence par "J'ai fait un trou dans ma main avec un tire-bouchon" De tels propos peuvent sembler normaux en France étant donné l'histoire littéraire particulière du pays avec des poètes comme Charles Baudelaire, mais pour la Russie, c'est trop radical.

On ne les a pas censurés parce qu'ils sont contre le gouvernement, mais parce que ce sont des punks. Et en Russie, c'est simple, on ne laisse pas passer les punks à la télévision ou à la radio. Le genre de musique qui passe à la télévision russe, c'est ce qu'on voit sur MTV ou des concerts de pop officiels.  Même le plus grand groupe russe de punk Grazdanskaya Oborona  n'est jamais passé à la télévision.

La seule musique punk qui est diffusée, c'est celle de groupes comme Korol I Shout [un groupe de pop-punk dont les textes s'inspirent de la mythologie]. Et ce n'est pas du vrai punk.

De toutes façons,  PTVP et son leader Alexeï Nikonov ont choisi cette image d'opposants au gouvernement seulement pour gagner de l'argent. Un punk ne peut pas être en accord avec le gouvernement : c'est un punk. Comme ils ne sont pas dans la capitale, ils ne peuvent pas vendre de la pop ou du R'n'B. Donc, pour gagner leur vie, ils ont trouvé un autre créneau : ils font des concerts de rock dans des clubs hors de prix de leur ville, Saint-Petersbourg. PTVP fait un ou deux concerts dans les meilleurs clubs de cette ville tous les mois. 

La seule raison pour laquelle ce groupe attire l'attention, c'est qu'une grande partie de la presse cherche à présenter Poutine comme un dictateur. Et bien que ce ne soit pas vrai, les journalistes s'en fichent. Je ne pense vraiment pas que PTVP apprécie moins Poutine que les Sex Pistols appréciaient la reine d'Angleterre ou que Georges Michael apprécie Tony Blair ".

 

Source: France 24

 

21.08.2009

Un groupe islamiste tchétchène revendique la catastrophe de Saïano Chouchenskaya

resizer.php.jpegUn groupe islamiste du Caucase a affirmé être à l'origine de la catastrophe survenue cette semaine dans la centrale hydroélectrique de Saïano Chouchenskaya, alors que le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, y effectuait une visite. Moscou a écarté cette hypothèse.

L'homme fort de Russie n'a pas réagi personnellement à la revendication du groupe islamiste "Riyadous Salikhiine", publiée sur le site Internet rebelle Kavkazcenter.com. Les rebelles prétendent avoir provoqué l'accident en plaçant une grenade antichar dans cette centrale.

Le Parquet fédéral russe a souligné qu'il n'y avait "aucune preuve de sabotage de la centrale ". Le porte-parole du Parquet a indiqué que les artificiers du FSB  n'avaient pas découvert de traces d'explosifs sur les lieux de l'accident. Les autorités russes assurent que l'accident du barrage sibérien s'expliquent par le mauvais entretien de l'édifice, dont la structure, datant de l'ère soviétique, était vétuste.

Dans leur communiqué, les "Riyadous Salikhiine" disent avoir pris la décision "d'activer la guerre économique contre la Russie sur son territoire ". Le groupe, qui se qualifie de "brigade de martyrs ", a été dans le passé dirigé par Chamil Bassaïev. Ce chef de guerre radical tchétchène avait notamment organisé la prise d'otages de l'école de Beslan, en septembre 2004, et a été tué en 2006.

En ce qui concerne les victimes du drame de la centrale hydroélectrique, les corps de 19 personnes supplémentaires ont été découverts, portant le bilan provisoire à 47 morts, selon le centre opérationnel des secours sur place.

Au cours de sa visite plus tôt dans la journée, M.Poutine avait écarté toute possibilité que les dizaines de personnes encore portées disparues puissent être retrouvées vivantes. Le désastre a très probablement fait 75 morts, selon lui.

 

Source: ATS

Halhin Gol, une bataille oubliée aux conséquences incalculables

C'était il y a 70 ans et à part les férus d'histoire, personne en France n'a entendu prononcer ce nom guttural. Halhin Gol, cette victoire soviétiques sur les japonais aux confins de la Mongolie a eu des répercussions incalculabes sur le déroulement de la Seconde guerre mondiale, mais à l'époque personne en France n'en a entendu parler et pour cause. L'actualité d'août 1939 était déjà chargée en Europe. Pourtant,  le sort des armes y eut été différent que notre sort à tous eut été probablement changé. A ce titre Halhin Gol est un "what if ", comme on dit Outre-Manche, les plus passionants de l'histoire contemporaine.

Pour comprendre le contexte de cette bataille, il faut savoir qu'à l'époque, le gouvernement japonais oscille entre une tendance expansionniste maritime et une autre continentale, qui  à cemoment les faveurs de Tokyo. Sur la  frontière mongole, les incidents armés se multiplient entre nippons et soviétiques. L'URSS ne pourra mener un conflit simultané à l'est et à l'ouest et ça Staline le sait.
Staline devant se tranquiliser à l'ouest, discute avec l'Allemagne. A l'est, pragmatisme oblige,  il soutient largement¨le nationaliste chinois Tchang-Kaï-Tchek en guerre contre les japonais plutôt que le communiste Mao Tsé Toung lui prodiguant argent et conseillers militaires histoire de fixer un maximum de troupes nipponnes en Chine...
Tokyo, de son bord, doit, coûte que coûte, torpiller les pourparlers germano-soviétiques et attirer Hitler dans son camp: sans l'Allemagne nazie, aucune expansion japonaise vers la Sibérie et ses richesses n'est possible, car à Tokyo, certains sont partisans d'en découdre avec l'U.R.S.S.

L'accroissement des effectifs de l'armée du Kwangtoung, renforce la méfiance des Soviétiques, qui réagissent par l'occupation du Xinjiang en 1934, avec l'accord de Tchang Kaï-Chek. La Mongolie est pourvue de nouvelles voies de communications, l'armée de Sibérie est complétée par des renforts européens et mise au pas lors des Grandes Purges de 1936-1938. La Sibérie est transformée en camp retranché : les taux de répression y sont quatre à cinq fois supérieurs à la moyenne nationale, les goulags se multiplient, les populations frontalières susceptibles de collaborer avec les Japonais sont déportées, l'administration locale est soumise. Les incidents de frontière se multiplient et tournent en vraie batailles rangées en 1938, puis le calme revient en août de la même année.

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En avril 1939, devant le risque d'un accord de plus en plus probable entre Hitler et Staline, l'Empereur autorise ses généraux à entreprendre une action limitée en Mongolie Extérieure. Il s'agit de dissuader le Führer de traiter avec Moscou : Hiro-Hito charge son ambassadeur à Berlin, Oshima, de présenter cette incursion comme une action destinée à retenir les forces soviétiques en Asie pendant que l'armée allemande envahira la Pologne.

L'assaut japonais

Le 28 mai 1939, 6.000 japonais attaquent les positions soviétiques au village de Nomonhan, situé sur le Halhin Gol, rivière marquant la frontière entre la Mongolie et la Mandchourie. Les soviétiques se retirent. Les commandants japonais des 23e et 6e divisions y voient un avantage à exploiter...
60.000 soldats nippons se massent alors, près à fondre sur la jeune République Mongole, satellite de l’URSS et attaquer la ligne du transsibérien.

Staline nomme le général Joukov au poste de commandant des forces soviéto-mongoles. Celui ci, tout en bloquant les incursions nipponnes, arrivera à assembler et équiper une armée de 80.000 hommes. Ce n’était pas un mince exploit. L’année précédente, les Japonais avaient achevé de construire une voie ferrée arrivant à quelques kilomètres de la frontière ; mais la tête de ligne la plus proche, base de ravitaillement du premier groupe d’armées soviétique nouvellement créé, en était distante de 650 kilomètres. Or, l’offensive future de Joukov nécessitait l’acheminement, sur les pistes rudimentaires de Mongolie, de 55 000 tonnes de ravitaillement dont 18 000 tonnes de munitions d’artillerie...

Les camions étaient à bout de souffle et leurs conducteurs, surmenés, étaient accablés par la chaleur lourde de la fin d’été et par les tempêtes de sables dévastatrices de l’Asie centrale. La pénurie de camions était telle qu’on devait utiliser parfois les tracteurs d’artillerie pour les transports de ravitaillement.

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Mais Joukov avait son plan. Puisque les Japonais avaient tenté une vaste manoeuvre d’encerclement, on allait leur offrir un cours de tactique. Il organisa ses nouvelles forces en trois groupements : nord, sud et centre, et déploya sur les ailes des unités blindées rapides et disponible
en permanence. Il serait prêt le 20 août, quatre jours avant l’ennemi.

Une contre-attaque foudroyante

Le dimanche 20 août, à l’insu des Japonais, 35 bataillons d’infanterie, 20 escadrons de cavalerie, 498 chars, 346 véhicules blindés et 502 canons de tous calibres attendaient en silence l’heure H.Pour les Japonais, le signe avant-coureur de la tempête fut, à 5 h 45, un raid aérien de saturation, fort de 150 bombardiers escortés par 100 chasseurs. Ce raid frappa les lignes avancées et les positions d’artillerie. Avant que les Japonais, abasourdis, aient pu se ressaisir, les 250 canons et mortiers lourds de Joukov ouvrirent le feu sur leurs concentrations de troupes en réserve. A 8 h 45, l’infanterie partit à la charge en hurlant, derrière les chars. Sur toute la largeur du front, les vagues d’assaut russes enfoncèrent les lignes japonaises. Leurs défenseurs étaient moralement et physiquement brisés par les trois heures de bombardement : l’artillerie soviétique disposait de pièces plus nombreuses et de plus de munitions que l’adversaire.

Les Japonais ne se laissèrent cependant pas abattre. Sur un certain point du front, l’attaque de leurs fortifications par une division russe assez peu aguerrie se solda par un échec sanglant. Cette division, probablement la 82e d’infanterie venue de l’Oural, se trouva clouée sur place par un feu nourri et son chef demanda de nouveaux ordres à Joukov. Joukov lui enjoignit de poursuivre l’attaque. Comme le commandant de la division mettait en doute la possibilité de le faire, Joukov le releva de son commandement au profit du chef d’état-major de la division. Ce dernier tenta de se conformer aux ordres, mais sans succès. Joukov dépêcha alors un officier de son propre état-major. Après avoir réorganisé son artillerie et reçu l’appui de l’aviation, ce dernier réussit la percée au prix de pertes effroyables.

Le groupement sud de Joukov eut plus de chance. De puissants éléments blindés, comprenant un groupe de canons automouvants et une compagnie de chars armés de lance-flammes, effectuèrent un mouvement tournant autour du flanc gauche. Le 21 août, ils se trouvaient sur des positions solides, derrière les forces japonaises qui opéraient au sud du Hailastyn-Gol, un affluent orienté est-ouest du Halhin-Gol. Deux jours plus tard, le groupement nord, appuyé par la 212e brigade aéroportée, qui formait la réserve de Joukov, se fraya un chemin à travers les hauteurs de Palets à la rencontre du groupement sud. La jonction effectuée, l’ennemi se trouva encerclé. Les combats ne diminuèrent pas d’intensité pour autant.

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Terrés dans leurs abris, les Japonais devaient en être délogés au lance-flammes. et bien rares furent les redditions. Mais du côté soviétique, la détermination n’était pas moins sauvage. 600 morts tombés dans des corps à corps farouches, ce fut le tribut à payer pour la neutralisation des abris enterrés de la zone de Palets, lors de la phase finale de l’encerclement.

Le 31 août au matin, tous les Japonais encore présents en territoire mongol étaient morts ou prisonniers. Sur les 60.000 hommes pris dans la nasse, 50.000 furent par la suite déclarés morts, blessés ou disparus. La 23e division, formée de vétérans, subit 99 % de pertes. Quant aux Russes, ils reconnurent 10 000 tués et blessés pour l’ensemble de la campagne, chiffre qui semble considérablement inférieur à la vérité. L’aviation japonaise, malgré son infériorité numérique, prétendit avoir abattu 1200 avions soviétiques (les Russes réclamant 660 victoires pour leur part) en quatre mois d’hostilités. Mais à cette époque, l’appui aérien rapproché immédiat était encore dans les limbes, et l’intervention de l’aviation n’eut pas une influence décisive sur le cours des opérations au sol.

Ce jour-là, le dernier du mois d’août, les tankistes exténués et crasseux de Joukov pouvaient regarder vers l’est au-delà de cette frontière enfin reconquise, en attendant l’ordre de la franchir. Du côté de l’armée du Kwangtoung, c’était la panique. L’état-major japonais faisait le vide dans les dépôts de Mandchourie pour reconstituer des unités à opposer à ce qui semblait devoir être un raz de marée soviétique.

Les japonais renoncent à la Sibérie

L’ordre d’attaque ne vint jamais. En cette fin d’été  1939, Moscou et le monde avaient d’autres préoccupations, plus urgentes. Le jour même où les troupes de Joukov se rejoignaient derrière les lignes japonaises, Staline et Hitler publiaient le pacte de non-agression. Le dictateur soviétique croyait - avec une naïveté inhabituelle - avoir ainsi gagné le temps nécessaire pour préparer son pays à la guerre. Hitler a laché le Japon qui, comprenant qu'il y perdrait beaucoup, se détourne de la Sibérie.

Militairement parlant, la bataille du Halhin Gol a mis en lumière les forces et faiblesses des deux armées. Si les Soviétiques ont réussi à maintenir leurs intentions secrètes, s'ils ont profité de leurs ressources en équipements, et s'ils ont su s'adapter à la nature de leur adversaire ainsi que la topographie du terrain, leurs forces ont connu quelques dysfonctionnements, du moins en juillet : défaut de coordination entre les différentes unités, et surtout entre les avions et les troupes au sol, manque d'initiative à l'échelon local. Encore ces défauts ont-ils été relativement effacés lors de l'offensive du 20 août. Cet engagement est aussi la première victoire d'un jeune général soviétique promis à un brillant avenir, Georgui Konstantinovich Joukov.

Quant aux Japonais, la bataille a démontré de manière flagrante l'insuffisance du matériel, ainsi que l'esprit borné des officiers sur le terrain, obsédés par l'idée d'une contre-offensive et incapables d'organiser une défense conséquente. Cela étant, le soldat japonais a fait la preuve de son immense bravoure, résistant dans la plupart des cas jusqu'à la mort malgré l'afflux de troupes soviétiques. On retrouvera ce même comportement lors de la guerre du Pacifique.

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On ne saurait sous-estimer l'impact de la défaite japonaise du Halhin Gol sur la politique de Tokyo. Désormais, le Japon se tournera vers le Sud, vers la Malaisie, Singapour l'Indonésie et les îles du Pacifique. Même lorsque Hitler attaquera l'URSS le 22 juin 1941, les Japonais refuseront d'intervenir en Sibérie. La signature du pacte Molotov-Ribbentrop du 22 août 1939 y est aussi pour quelque chose. Le Japon s'est alors senti lâché par l'allié allemand, ce qui a failli remettre en cause le pacte anti-Komintern de 1936. Et le pacte tripartite signé entre la Japon l'Italie et l'Allemagne le 27 septembre 1940 n'y changera pas grand-chose.

Une bataille oubliée dans dans les steppes mongoles avait changé le cours de la Seconde guerre mondiale...
 

 

Un Israélien paralyse l'aéroport d'Omsk par dépit amoureux

685408172_fef72e6a35.jpgSa petite amie russe l'ayant quitté, un jeune Israélien n'a pas trouvé mieux, pour se venger, que de déclencher via internet une alerte à la bombe en Russie, paralysant pendant plusieurs heures l'aéroport d'Omsk (Sibérie).

L'amoureux déçu, âgé d'une vingtaine d'années, avait adressé ses menaces par internet les 6 et 7 août aux autorités de l'aéroport d'Omsk, en signant du nom de son ex-amie, rapporte vendredi le quotidien israélien Maariv. Mais l'enquête russe a établi que la jeune femme n'était pour rien dans ces menaces.

Saisie par Interpol, l'unité spéciale de la police israélienne de lutte contre la cybercriminalité a arrêté le suspect, féru d'internet et originaire d'Omsk.

L'internaute a avoué avoir agi par dépit amoureux.

Source: AFP

20.08.2009

La Géorgie fait le blocus maritime de l'Abkhazie

3352073953_d463851baa.jpgLa Géorgie a annoncé jeudi la saisie de deux navires faisant du commerce avec la région séparatiste de l'Abkhazie dans la mer Noire, afin de renforcer le blocage maritime de ce territoire reconnu par la Russie.

Un bateau battant pavillon panaméen avec un équipage composé de Turcs et d'Azerbaïdjanais qui transportait du combustible de la Turquie vers la capitale abkhaze, Soukhoumi, a été saisi ce lundi, a précisé Bessik Chenguelia, un responsable de la police côtière interrogé par l'AFP. Le commandant du bâtiment a été placé en garde à vue, a-t-il dit. Mardi, les garde-côtes ont saisi un deuxième navire après qu'il eut quitté l'Abkhazie avec un chargement de ferraille : celui-ci battait pavillon cambodgien et les membres de l'équipage étaient syriens, selon la même source.

 

La loi géorgienne interdit toute activité économique dans les régions séparatistes de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud sans autorisation de Tbilissi et les étrangers entrant dans ces territoires sans autorisation peuvent être poursuivis.

 

Les autorités abkhazes ont vivement réagi en promettant une réponse "proportionnelle". "Nous avons averti la Géorgie que nous pourrons donner une réponse proportionnelle et agir de la même manière. Nous avons la possibilité de faire cela ", a déclaré le ministre abkhaze des Affaires étrangères, Sergueï Chamba, cité par l'agence Interfax.

Un journaliste de Pskov frappé d'anathème

DSCN1214.JPGDécision rarissime de nos jours: le diocèse orthodoxe de la région de Pskov vient d'infliger l'anathème et l’excommunication à un journaliste qui avait évoqué l’attitude compromettante et cupide des religieuses d'un monastère dans un article.

"Oleg Dementiev a été frappé d'anathème d'après une décision du Conseil diocésain de Pskov pour sa calomnie ignoble et son mensonge satanique contre des religieuses du monastère Spaso-Ieliazarovski, et notamment contre sa supérieure, la mère Elizaveta, dans un article publié en janvier 2008 ", détaille le diocèse ce mardi dans un communiqué. Une décision prise après celle du tribunal qui déclaré le 14 avril dernier le journaliste coupable d’avoir terni la réputation des religieuses par de fausses assertions.

Intitulé « Nid de guêpes sous des coupoles dorées », l'article publié dans l’édition du Pskovsky Roubej des 14-20 janvier 2008 a mis en cause la supérieure du monastère qui intimiderait les gens du coin pour leur acheter leurs maisons une bouchée de pain. Il accuse aussi les moniales de fumer et de boire malgré leur habit religieux.

Le journaliste Oleg Dementiev a déclaré persister dans ses propos et qu’il ferait appel de la décision judiciaire, mais pas de l'excommunication. "Il n’est aucunement question que la corruption ait fait son apparition au monastère" a t-il déclaré au téléphone à un journaliste de Reuters.

De son côté, le diocèse de Pskov a dit avoir excommunié Dementiev pour " calomnie haineuse et outrageante et  mensonge satanique contre les nonnes résidentes au monastère Spaso-Ieliazarovsky" selon une déclaration postée lundi sur son site internet, www.pskov-eparhia.ellink.ru. L’autorité diocésaine rappelle que la décision d'anathème a été prise selon "les bases de la doctrine sociale de l'Église orthodoxe russe ", qui dit notamment que le chef de n'importe quel diocèse particulier peut infliger une punition canonique sur une personne "qui injurie le nom de Dieu, utilise d'autres formes de blasphème ou systématiquement  déforme délibérément la vie ecclésiastique et diffame sciemment l'Église et ses serviteurs".

L'intellectuel musulman face au drame tchétchène

390px-Evstafiev-chechnya-prayer3.jpgUn point de vue rarement entendu à propos du conflit tchétchène, celui des musulmans de France. Cela vaut le coup d'être lu, ne serait ce que pour les référencesà Alexandre Soljénytsine considéré à juste titre par l'auteur de cet article comme l'archétype de l'intellectuel qui a mis sa peau au bout de ses idées.

 

 

 

- Dans cet article, nous essaierons de dégager, à partir des idées de Soljenitsyne, ce qui doit être la vocation d’un intellectuel, et nous finirons par dégager ce qui doit être la ligne de conduite de l’intellectuel musulman.

Selon les autorités Russes, la guerre de Tchétchénie est terminée, et cela depuis longtemps. Malheureusement, la mort récente de la journaliste Natalia Iestemirova , une proche d’Anna Politkovskaïa, nous rappelle, hélas !une fois de plus, que cette guerre est loin d’être terminée. Les ONG, telle que l’ONG Russe Mémorial, continuent de dénoncer et de tirer la sonnette d’alarme sur le drame vécu par le peuple Tchétchène - depuis le début de la seconde guerre de Tchétchénie en 1999. On ne peut que déplorer le fait que ces ONG ne soient pas secondées dans leurs efforts pour alerter l’ « opinion internationale » et dans leur volonté de mobiliser les consciences des femmes et des hommes à travers le monde.

 

Il est aussi regrettable de constater que la communauté musulmane, notamment celle d’Europe, manifeste à l’égard de cette guerre un désintérêt des plus ahurissants. Pire encore, le drame de la Tchétchénie est absent, contrairement à d’autres conflits, des discours, des écrits, des rencontres de nos intellectuels musulmans d’Europe. 

 Ainsi, en cas de conflits dans ces parties du monde - éloignées des pays d’origines de la majorité des musulmans vivant en Europe- nos intellectuels ne déploient pas, ne déploient jamais, la même énergie pour mobiliser, pour appeler aux dons, à l’action en faveur de ces populations. On peut légitimement se poser la question de savoir : si les réactions, de nos intellectuels, ne seraient pas proportionnelles à la distance –géographique ou autre ? 

Selon Soljenitsyne, dans les conflits et les malheurs qui touchent l’humanité, la tâche de l’intellectuel est d’orienter, de savoir orienter l’énergie, l’intelligence et l’intérêt des hommes vers ce qui est « le plus terrible », et non pas vers ce qui est le plus proche ou le plus familier. 

On peut se demander : que peut l’intellectuel, que peut la littérature contre la ruée sauvage de la violence ? L’écrivain Russe répond en affirmant que : " la violence ne vit pas seule, qu'elle est incapable de vivre seule : elle est intimement associée, par le plus étroit des liens naturels, au mensonge. La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. Tout homme qui a choisi la violence comme moyen doit inexorablement choisir le mensonge comme règle ".

Pour Soljenitsyne, l’intellectuel doit montrer au monde la vacuité sur laquelle est bâtie le mensonge. Le mensonge peut résister à beaucoup de choses. Mais pas à sa propre vacuité. 

Le souci de l'autre 

 

(...) Nous ne pouvons que regretter l’insensibilité de nos intellectuels musulmans quant à la guerre de Tchétchénie. Car, nous pensons que la vocation de ces derniers est de vivre et de faire vivre les principes de la révélation islamique. On ne peut admettre d’eux qu’ils s’enferment dans des visions réduites du monde –et donc de l’humain-, ou qu’ils se laissent emporter et guider par les spéculations anémisantes et sans lendemain. On ne peut accepter d’eux qu’ils se cantonnent à un travail purement théorique sur les principes islamiques sans les mettre en pratique et donc de proposer des modalités pratiques d’application de ces principes. C’est à eux, en partie, de rappeler à la masse l’idéal coranique de justice, d’indiquer la portée universelle du message de l’islam, de revitaliser l’esprit des principes éthiques de l’islam. C’est à eux, en partie, de nous rappeler et de cultiver dans la conscience musulmane ce « souci de l’autre ».

On attribue au prophète  le hadith selon lequel  "n’est pas croyant celui qui dort rassasié tandis que son voisin a faim "  ; ce hadith ne nous appelle t-il pas à développer en nous le sens et le souci de l’autre ? Que signifie son voisin  ? Est-ce uniquement une question de positionnement géographique ? S’agit-il uniquement de son voisin de palier ? Du village ? N’est-ce pas aussi la proximité dans la foi ?…

Nous osons donc espérer que nos intellectuels sauront, dans l’avenir, conscientiser, mobiliser et diriger les énergies de la masse musulmane d’Europe pour que la guerre de Tchétchénie, l’humiliation chronique du peuple Tchétchène, puisse faire partie de nos combats pour la justice. Poursuivre le combat d’Anna Politkovskaïa, des ONG et autres, doit être inscrite dans le chapitre des engagements de nos intellectuels pour la justice. Ces ONG et ces militants locaux, qui, malgré la solitude et l’âpreté continuent d’interpeller les consciences et continuent d’espérer que nous leur tendrons l’oreille un jour, méritent aussi notre attention et notre engagement. Nous espérons que nos intellectuels sauront donner sens à cette phrase, célèbre, de Térence : "je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ".

 

 

Source: saphirnews.com


 

 

19.08.2009

Moscou et Kiev d'accord pour relancer l'Antonov 70

Antonov_70.jpgPlombé par la détérioration diplomatique entre les deux capitales, le projet commun d'avion de transport militaire devrait être relancé. Quinze ans arpès le vol du premier prototype, le projet russo-ukrainien d'avion de transport militaire Antonov-70 va être relancé, selon l'agence russe Interfax. "Le ministre de la Défense ukrainien par intérim Valeri Ivachtchenko et le ministre de la Défense russe Anatoli Serdioukov ont signé un accord lors du salon aéronautique Maks-2009 ", a déclaré mercredi 19 août, à Joukovski (banlieue de Moscou), le chef du bureau d'études de l'avionneur Antonov, Dmitri Kiva.
Les deux gouvernements avaient conclu des accords en 1993 et 1999 pour le lancement de cet avion. Les forces aériennes russes avaient fini par refuser ce projet en 2003 pour des raisons de sécurité, tandis que Vladimir Poutine continuait à le soutenir.  La détérioration des relations entre Kiev et Moscou a par la suite poussé la Russie, qui devait commander 164 appareils à se retirer du projet en mai 2006. Cette relance du programme pourrait faire de l’ombre au programme d’avion de transport militaire Airbus A-400 M qui connaît lui aussi un sérieux retard de développement. L’Antonov 70 est proposé 40% moins cher que son concurrent.