31.01.2009
Face à la crise, la Russie doit moins dépendre de l'étranger
La crise met le Kremlin face à son plus important défi depuis le début de la décennie, menaçant de mettre fin à la hausse du niveau de vie des Russes, sur laquelle Vladimir Poutine a bâti sa popularité. Tant que le citoyen ordinaire pouvait remplir son chariot au supermarché, il était prêt à laisser carte blanche au pouvoir. Qu'adviendra-t-il si ce pacte est rompu ?
Six Russes sur dix considèrent que la crise économique est la principale menace pesant sur leur pays, soit trois fois plus que début 2008, d'après un sondage de l'institut indépendant Levada publié le 29 janvier. A la question " qu'est-ce qui menace, selon vous, le plus la Russie à l'heure actuelle ? ", 59 % des 1 600 personnes interrogées ont répondu " la crise économique ", contre 22 % en février 2008. Les Russes disent surtout craindre la hausse du chômage (56 % des sondés, contre 30 % en février 2008) et des prix (55 % contre 51 %). En revanche, ils redoutent moins " l'augmentation de la criminalité " (23 % contre 32 % en février 2008) et " l'arbitraire du pouvoir " (8 % contre 20 %).
Pourquoi la Russie est-elle plus touchée par la crise que les autres économies émergentes ? Le "miracle" russe reposait sur deux piliers : l'exportation des ressources et la consommation des ménages. Avec la chute du prix des matières premières, les revenus à l'exportation vont baisser et les importations vont coûter plus cher. Or la production manufacturière est quasiment nulle
En Russie, tout est importé : le papier vient de Finlande, les médicaments d'Europe, les voitures d'Allemagne, de France ou du Japon, et il n'est pas rare, sur les marchés, de se voir proposer des pommes de terre d'Autriche ou des carottes de Hollande. Où sont les Nokia russes, les ordinateurs made in Russia ? En dix ans, souligne Mikhaïl Boldyrev, ancien vice-président de la Cour des comptes, " nous n'avons même pas été capables de construire une seule usine à papier ".
La crise aurait pu avoir des effets favorables si l'industrie locale avait pu prendre le relais, se substituer à l'orgie d'importations en cours depuis dix ans, mais la diversification de l'économie prônée par le premier ministre russe à Davos n'a pas réelement commencé. " Nos entreprises ne sont pas assez incitées à produire de la valeur ajoutée à cause de l'incursion de l'Etat partout ", déplore Andreï Charonov, l'un des directeurs de Troïka Dialog.
Source: LE MONDE
18:39 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




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