13.05.2009
Six décennies après, la Russie cherche encore les restes de ses soldats
Chaque printemps, quand la terre se dégèle, les chercheurs parcourent les marais et les forêts gigantesques de la Russie, armés de détecteurs de métaux, de pelles et de longues tiges métalliques, cherchant des ossements.
La plupart des chercheurs sont encore des adolescents, leurs ongles sont noircis par la saleté de cette vallée à l'ouest de Moscou, où jusqu'à 30,000 soldats sont morts devant l’avancée de l’armée nazie en 1941. "Ici, il faut penser à ce qu'ils ont fait pour nous. Sans eux, nous ne pourrions pas être là," dit Nikolaï Krasikov, 23 ans, les cuisses plongées profondément dans l'eau boueuse à la recherche de restes.
"C'est notre devoir de retrouver et d’enterrer nos héros avec honneur." Les grands-parents de Krasikov ont été tous mobilisés dans l’armée soviétique dans le conflit connu sous le nom de Grande Guerre Patriotique.
Une de ses grand-mères a réchappé aux 30 mois du siège de Léningrad, où l’on dit que plus d'un million de personnes sont mortes; l'autre à travaillé dans un dépôt sur le front. Ses grands-pères étaient parmi environ 27 millions de citoyens soviétiques qui ont péri dans la Deuxième Guerre mondiale. D'autres millions ont plus simplement disparu.
"Le front, pour les chercheurs avec leurs bêches et leurs détecteurs de métaux, s'étend de Berlin à Moscou" déclare Leonid Melnikov, colonel dans l'armée de terreet à la tête d'un groupe de recherche.
Les volontaires sont accroupis à quatre pattes dans les marais, pour tamiser minutieusement les blocs de boue, dans l'espoir de trouver les minuscule cylindres d’identité portés par les soldats soviétiques.
Habillés en tenue de camouflage de la tête aux pieds avec des grandes guêtres en caoutchouc on dirait des enfants jouant dans la boue, s’il n’y avait pas une pile d’os entassés: les restes de deux soldats soviétiques. Cinq heures de recherche ont remis à jour à une dent, un casque éclaté, un masque à gaz, des balles, des tibias, un obus à shrapnel, une paire de bottines criblées d'os et une chaussure moisie. "On dit que quand vous trouvez un soldat, son âme est libérée," déclare Ioulia, 17 ans, qui fait des études de restauratrice d’art.
"Mes parents ne sont pas très contents que je soie ici, ils sont inquiets parce que je manque l'école. Mes amis ? Je pense qu'ils sont jaloux, mais ils ne le montrent pas vraiment " ajoute-t-elle, alors que retombe en désordre son chignon de cheveux roux de sous son bandana militaire.
Les champs de fouille, situés à environ 140 kilomètres à l'ouest de Moscou, là où la 32e division de fusiliers de l'Armée Rouge a combattu durant 15 jours les troupes allemandes en décembre 1941, ont permis de mettre à jour plus de 600 squelettes ces dix dernières années. Il y a juste quelques jours ce printemps, on a trouvé les restes de huit hommes à cet endroit connu sous le nom de «Vallée de la Mort » .
Personne n'a été identifié et les capsules d'identité récupérées étaient vides, rongées par l'eau et la pourriture ou, peut-être parce que la superstition typiquement militaire faisait que la signature de votre nom au formulaire d'identité annonçait votre mort certaine.
Un jeu d'initiales et une date de naissance, R.A.A. 1920, griffé à l'arrière d'une boussole de poignet et un tube de dentifrice allemand était les seuls indices trouvés avec les os dispersés des soldats perdus. "Pour nous, la guerre n'est pas finie tant que le dernier soldat ne sera pas enterré " déclare Viatcheslav Pirogov, 32 ans dont 11 ans de fouilles.
"Il y a le patriotisme des mots et celui de l'action "
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale il y a 64 ans, les équipes de recherche ont récupéré les restes de plus de 250.000 soldats entassés dans les charniers et les vastes champs de bataille de la Russie, d'après Youri Smirnov le chef des Équipes de Recherche russes, une organisation non gouvernementale. Il estime qu'entre 40.000 et 60.000 personnes à travers le pays se portent volontaire pour ces équipes de recherche, qui fonctionnent presque exclusivement grâce aux donations privées. Seulement une fois, en 1995, à l’occasion du 50e anniversaire de la victoire soviétique sur les Nazis, le gouvernement a donné une petite subvention.
Tous les terrassiers de cette vallée - un barman, un cuisinier, un policier, des enseignants - ont aidé à acheter de leur poche un détecteur de métaux de 1.000 dollars et d'autre équipements.
"La chose la plus triste pour moi est que ce travail soit effectué par des enfants. Les adultes n'ont pas de problèmes vis à vis de l'histoire, mais, les enfants doivent vivre dans le présent " estime Vyatcheslav Pirogov, un professeur qui mène son groupe propre groupe de recherche. Les Pionniers et les Komsomol, les mouvements de jeunesse du Parti communiste, ont bien dirigé la recherche de soldats tombés durant les années 1960, mais les chercheurs se sont plaints que l'état n’en fasse pas assez.
Tandis que Moscou marque sa victoire avec les grandes fanfares et une parade militaire à travers la Place Rouge, les chercheurs prétendent connaître une meilleure façon d'honorer les défenseurs de la nation.
"Il y a le patriotisme des mots et celui de l'action "selon Youri Smirnov." Vous devriez juste une fois voir les larmes dans les yeux d'une grand-mère quand vous lui dites que vous avez enterré son mari ou son frère."
L'année dernière, les chercheurs ont enterré les restes de deux pilotes de chasseurs Yak-7 dans la région de Pskov avec une cérémonie où les honneurs militaires ont été rendus aux cercueils recouverts du drapeau russe. " J’en ai encore les larmes aux yeux en m'en rapellant "se souvient Nikolai Peskoulov, le petit-fils d'un des pilotes, qui a vu la cérémonie depuis son appartement de Moscou sur la chaîne de télévision de l’armée.
"Notre nation est très, très fière de sa victoire," a dit la femme de Nikolai, Ielena. "Nous irons à Pskov ce printemps mettre des fleurs sur sa tombe."
Source: DAWN
14:57 Publié dans Histoire, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




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Commentaires
C'est toujours une tâche très longue a accomplir, ici dans l'est de la France on retrouve encore des restes de soldats de la première guerre mondiale.
Ecrit par : lalah | 06.09.2009
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