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23.05.2009
Le souvenir soviétique, vingt ans après la chute du mur de Berlin
En ce vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, faut-il croire Mikhaïl Gorbatchev lorsqu'il dénonce l'incapacité des Occidentaux à comprendre la Russie ? "Les vingt dernières années ont été gâchées ", a déploré l'artisan de la fin de l'URSS, lors d'une conférence de presse du souvenir à Moscou.
Selon lui, au lieu d'ouvrir une ère de coopération, l'écroulement du Mur a conduit à une totale incompréhension entre l'Est et l'Ouest. "La Russie, pays agresseur, impérialiste ? C'est absurde ! ", s'est insurgé le dernier dirigeant soviétique.
Les Occidentaux se trompent. La Russie ne cherche pas la confrontation. Elle veut être traitée en "égal", mais ses partenaires ne le comprennent pas.
Est-ce pour cette raison que les Russes ne voient plus l'Occident de la même façon ? Très prisé au moment de la décomposition de l'URSS en 1991, le modèle occidental n'est plus en odeur de sainteté. C'est ce que dit l'étude publiée à Moscou par trois analystes, Sergueï Gouriev, Maxime Troudolioubov et Aleh Tsyvinski. Tournant le dos aux aspirations des années 1990, 60 % des sondés n'en veulent pas et 71 % ne se sentent pas européens.
Rien d'étonnant à cela. La Russie actuelle n'est plus celle que Mikhaïl Gorbatchev a laissée derrière lui en quittant le Kremlin le 25 décembre 1991. Depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, les valeurs ont changé. L'ancien lieutenant-colonel du KGB s'est lancé dans une entreprise de restauration, de celles qui suivent les révolutions. Il a rétabli la symbolique soviétique, l'influence géopolitique et la peur.
La fin de l'URSS est devenue "la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ", les réformes libérales engagées par Boris Eltsine, son prédécesseur, ont été décrites comme ayant engendré le chaos, l'appauvrissement.
Décomplexée, la Russie de Poutine préfère se voir sous les traits d'une nation qui gagne L'Eurovision, le championnat du monde de hockey, les concours de beauté, la guerre en Géorgie. Le conflit avec le petit voisin caucasien en août 2008 a même ses trophées : les deux régions géorgiennes, l'Ossétie du sud et l'Abkhazie, où des bases militaires russes ont été installées pour quatre-vingt-dix-neuf ans.
Au moment où Moscou s'estime chassée des deux mers (Baltique et mer Noire) par l'OTAN, son élite "en épaulettes" est obsédée par l'acquis territorial. "Plus que le gaz et le pétrole, le territoire est la ressource numéro un", confirme l'analyste Emile Païn. Le sentiment d'une revanche à prendre sur l'Occident, rendu responsable de l'humiliation russe des années 1990, s'est installé. "L'idée dominante est que l'Occident veut mettre la Russie à genoux. Il y a un sentiment de peur envers le monde occidental. Les vieux clichés soviétiques, la Russie forteresse, la Russie entourée d'ennemis ont refait surface ", explique Lev Goudkov, le directeur du centre d'études d'opinions Levada.
Staline, un "manager efficace "
Dans la foulée, Staline, ce "manager efficace", comme dit le nouveau manuel d'histoire des collèges, a été réhabilité. Le "PetitPère des peuples" a peut-être eu la main lourde mais il était un vrai patriote. N'est-ce pas grâce à lui que le pays a regagné son statut d'empire ?
La réhabilitation de Staline "est l'élément le plus perturbant de la rhétorique de Vladimir Poutine ", écrit l'historien Orlando Figues dans la New York Review of Books. A l'époque de Gorbatchev, les Russes étaient incités à en savoir plus sur les zones d'ombres de leur passé, aujourd'hui c'est l'inverse.
Orlando Figues le sait bien. Son dernier livre, The Whisperers ("Les Chuchoteurs" en français, éditions Penguin, 2008), qui décrit l'intimité familiale à l'époque stalinienne, n'a pas trouvé d'éditeur dans la langue de Pouchkine. ( Voir la note du 06/ 03) Et puis, les archives qui ont servi de trame au livre ont été confisquées par la police, le 4 décembre 2008 dans les locaux de l'association Mémorial à Saint-Pétersbourg.
Fondé par le Prix Nobel de physique Andreï Sakharov, Mémorial, à l'origine d'un vaste travail de recherche sur le stalinisme, est accusé d'"extrémisme". L'association dérange. En cette période de réhabilitation du "tsar rouge", elle est l'une des rares voix à dénoncer l'ampleur des répressions staliniennes. Ainsi que la situation dans le nord du Caucase où les méthodes des forces de l'ordre - exécutions sommaires, tortures - ne sont pas sans rappeler l'URSS des années 1930.
L'acharnement du parquet a rappelé aux chercheurs de Mémorial les persécutions contre les dissidents. Bien décidés à ne pas se laisser faire, ils ont porté plainte. Ils ont gagné : le 6 mai, le tribunal de Saint-Pétersbourg a ordonné la restitution des archives. Mais la trêve est fragile. Le tribunal a estimé la perquisition "illégale" mais "justifiée", laissant la porte ouverte à d'autres poursuites.
"Nous sommes punis pour notre liberté de penser ", conclut Iouli Rybakov, l'un des responsables de l'association. On peut croire sur parole ce "dissident génétique " puisqu'il est né au goulag et y a passé six ans à l'âge adulte. Contre les gardiens de la mémoire, une campagne de dénigrement a été lancée. Proche du Kremlin, la revue Rousski Journal, dans une prose digne de la période stalinienne, a accusé Mémorial de "détruire le système immunitaire du pays ". C'est comme si le Mur était encore intact, du moins dans les têtes.
Source: LE MONDE
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Commentaires
Pardonnez la brutalité de mes mots.
Mais de la part d'un journal qui:
-soutint de façon éhontée le régime soviétique dans les années 60 et 70,
-vira sa cutie pour devenir l'organe quasi officiel du trotskysme,
-publia en son temps un reportage d'une rare complaisance et d,une exceptionnelle obséquiosité sur la chute de Saigon,
-publia tous les mensonges possibles au sujet de la Serbie,
-se caractérise par des prises de position systématiquement anti-chrétiennes (donc anti-Russes, et anti toute église traditionnelle et exigente dans son enseignement) et par un soutien systématique à tout mode de vie, comportement, contraire à la morale Chrétienne et à son enseignement sur la dignité humaine,
-publie une version de l'Histoire systématiquement falsifiée, déformée, trafiquée, extrapolée pour discréditer la civilisation Chrétienne Européenne (esclavage, colonisation...) tout en apportant son soutien inconditionnel à des cultures pourtant mortifères
-fut pris de nombreuses fois en flagrant délit de légèreté et même de mensonge caractérisé,
-qui chante des incantations de "métissage" tout en vivant confortablement dans des appartements chics très loin des zones de banlieues islamisées,
-qui donne des leçons de "tolérance" avec des intonations intolérantes de commissaires politiques bolcheviques,
(Liste non exhaustive mais ça va bien comme ça)
Eh bien de la part de ce "journal", le compliment ne manque pas de sel!
Tout comme il ne manque pas de sel de la part d'un Gari Kasparov qui hurle aujourd'hui à la dictature dans cette Russie redevenue (pour une part en tout cas) Chrétienne, après avoir donné l'accolade à Léonid Brejnev hier et aux sctes apocalyptiques aujourd'hui.
La capacité du journaliste-courroie de transmition à raconter n'importe quoi, son incapacité à pouvoir se renouveler une fois qu'il a trouvé un bouc-émissaire qui marche bien restent au dela de toute description.
Tout comme la propention des lecteurs et télé spectateurs à gober n'importe quoi.
Ecrit par : Tchetnik | 23.05.2009
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