23.05.2009
Les offres russes ont du mal à convaincre l'Occident
Pour Dmitri Medvedev, la semaine diplomatique a été chargée. Et difficile. A Khabarovsk, le chef du Kremlin a vécu un sommet tendu avec les dirigeants européens. A Moscou, son ministre des Affaires étrangères a lancé dans l’ambiguïté les premiers pourparlers sur l’avenir du traité de réduction des arsenaux nucléaires russes et américains. Et à Genève, les négociations avec la Géorgie ont failli mal tourner. La détente est-elle toujours à l’ordre du jour avec la Russie ? La question est posée à Sergueï Oznobishchev, directeur de l’Institute of Strategic Assessments, à Moscou.
-L’échec du sommet Union européenne-Russie a rappelé hier les profondes divergences sur les questions énergétiques. Le dialogue est-il dans l’impasse?
Pour le moment, la pierre d’achoppement avec l’Europe reste le différend sur la Géorgie. Cela rend les progrès plus difficiles sur d’autres dossiers, notamment l’énergie. De notre point de vue, l’Union européenne doit d’une manière ou d’une autre reconnaître que dans la guerre de l’été dernier, l’agresseur était la Géorgie, même s’il y a pu avoir auparavant des initiatives russes interprétées comme des provocations.
C’est une question de principe pour Moscou. Il faudra du temps pour qu’une solution de compromis soit trouvée. Mais les récents exercices militaires de l’OTAN en Géorgie, auxquels ont participé des Etats issus pour la plupart de l’Union européenne, ont été vus ici comme une provocation. Et le récent partenariat lancé par l’Union avec plusieurs ex-pays soviétiques a été perçu comme une nouvelle tentative d’interférer dans une zone d’influence considérée prioritaire par la Russie.
-Les relations russo-américaines peinent aussi à s’améliorer. Pour quelles raisons, lors des premières négociations mardi sur les suites du traité Start I (réduction des arsenaux nucléaires), Moscou a-t-il prévenu qu’il n’y aurait pas de percée si Washington ne dissipait pas les craintes russes sur son projet de bouclier antimissile?
Je suis convaincu que Moscou et Washington concluront un accord, au moins de principe, sur les suites de Start I d’ici à la fin de l’année (ndlr: le traité de 1991, portant sur une réduction de 30% des arsenaux nucléaires russes et américains, arrive à échéance en décembre). Mais la question des armes stratégiques reste liée aux systèmes de défense politique, tel le projet de bouclier antimissile que les Américains veulent installer en Europe de l’Est (ndlr: visant l’Iran selon Washington, ciblant la Russie selon Moscou). Ce lien a d’ailleurs été souligné par les deux présidents, Medvedev et Obama, lors de leur premier sommet à Londres, en avril dernier.
-Le président Medvedev a été présenté comme plus libéral et pro-Occidental que Vladimir Poutine. Sa politique étrangère a-t-elle marqué un tournant ?
Tout dépend avec quel Poutine on le compare! Le Poutine du premier sommet avec George Bush était ouvert au partenariat avec l’Ouest. Mais depuis, les politiques occidentales vis-à-vis de la Russie, l’ont contraint à changer de position. Cela a abouti à son discours de Munich en 2007 (ndlr: avec des propos très offensifs contre les Etats-Unis).
Medvedev, qui a lancé en politique intérieure un dialogue plus ouvert avec les forces démocratiques, ressemble sans doute en politique extérieure au premier Poutine. Mais il doit aussi s’engager à partir des positions laissées par le second Poutine…
Source: AFP
11:52 Publié dans Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




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