22.06.2009

Pianiste russe en plein coeur de l'Afrique

bowed_piano.jpgQuatre mains noires et blanches virevoltent et plaquent deux claviers. Maria Aseieva, tellement russe, et l'un de ses élèves nigérians interprètent le concerto n°2 de Rachmaninov dans sa version pour deux pianos. Depuis 13 ans cette pianiste de Samara a posé ses valises et une partie de son coeur à Lagos.

 

Dans la famille de Maria, une joviale sexagénaire, tout le monde joue du piano: ses parents, sa grand-mère, sa grande tante. Sa mère dirigea même le conservatoire de Samara (environ 800 km au sud-est de Moscou).

 

Ensuite, parcours classique des "bébés pianistes" doués dans la Russie soviétique: elle est repérée à 6 ans et demi, poussée, et commencent de longues journées: des heures de travail, de gammes, avant ou après l'école. "Au bout de deux ans mon professeur a dit à ma mère que je pourrais devenir concertiste. Et ce fut la fin de mon enfance heureuse à huit ans et demi ", raconte-t-elle à l'AFP.

 

 

Quelques concours plus tard et deux ans de leçons avec Yacob Milstein, le frère du célèbre violoniste Nathan Milstein, Maria entre dans le saint des saints à 19 ans: le conservatoire de Moscou, où elle étudie pendant six ans.

Elle obtient son diplôme en même temps qu'Andreï Gavrilov et Ivo Pogorelich. "Je voulais être concertiste, mais ça n'a pas bien marché en Russie. Le vrai départ a été au Nigeria en 1996 ", où elle est arrivée par hasard avec son mari, nommé à l'ambassade russe.

"J'étais terrorisée par l'Afrique, le Nigeria. Et puis rapidement je me suis rendue compte que les Nigérians avaient du talent ", dit-elle en anglais avec un puissant accent russe.

 

Puis rapidement, elle fut embauchée comme professeur de piano à la Musical Society of Nigeria (Muson) qui venait juste d'ouvrir grâce à l'argent du pétrole et de compagnies comme Shell, Mobil et Agip.

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