16.07.2009
L'art de vivre de la Russie impériale à Monaco

L'exposition dévoile en 500 chefs d’oeuvre combien Moscou au XIXe siècle est une véritable capitale artistique sous le règne des derniers tsars, Alexandre III et son fils Nicolas II. La scénographie originale est confiée à François Payet qui veut révéler la beauté et l’âme des objets rassemblés pour recréer une authentique atmosphère russe évoquant le cérémonial de la liturgie orthodoxe, l’urbanisme, l’architecture, les églises aux coupoles dorées d’une capitale : Moscou, les fastes de la vie de cour et la magnificence des intérieurs de palais où vécut la famille impériale.
Les prêts emblématiques du Musée Historique de Moscou et du Musée du Kremlin consistent en des vêtements sacerdotaux, des objets liturgiques en métal précieux, un ensemble d’icônes et une iconostase en bois peint du XVIIe siècle qui illustrent la richesse de l’église. Un choix important de vues de Moscou à travers des huiles sur toile, plans et gravures montrent l’étendue de la capitale.
C’est la redécouverte du passé russe, ce qu’on nomme le style russe qui est présenté à travers des objets d’Art : Kovch en verre, Samovar et un service de table dit « Rousskii style » provenant du musée Kouskovo.
Moscou au XIXe siècle triomphe comme une vraie capitale artistique à part entière dotée de centres de production artistique dans les domaines de l’Orfèvrerie et de la Porcelaine. C’est également à cette époque que la famille impériale puis dans l’entourage du Tsar, de grandes familles - le Prince Demidoff, le Prince Orloff - passent commandes à des maisons comme Baccarat, Cartier et Fabergé.
Le marché russe représente au début du XX siècle une grande partie des exportations de la cristallerie de Baccarat. En 1896, le tsar Nicolas II et la Tsarine Alexandra Feodorovna firent leur voyage de noces en Europe avec une escale à Paris à l’occasion de laquelle, ils vont découvrir la production de Baccarat : un service de verres sera conçu « le service du tsar » dont nous présentons des pièces. Sans oublier l’évocation du joaillier Louis Cartier dont les sources d’inspiration seront fortement marquées par l’Art russe et qui sera nommé en 1904 joaillier attitré auprès des cours de Russie, de Belgique, d'Espagne…
Dans le registre du témoignage historique, l’exposition plonge dans l’intimité du dernier des Romanov ; le Tsar Nicolas II. Au travers d’un fond photographique du Musée de l’Elysée de Lausanne et de films provenant des Archives cinématographiques de la Fédération de Russie de Krasnogorsk, le public découvre la vie de Nicolas II et de sa famille.
Les pièces majeures illustrant les règnes de Paul Ier à Nicolas II proviendront essentiellement du Musée Historique de Moscou ; elles mettront en lumière le faste de la cour à cette période, ainsi que le rayonnement international de Moscou, écrin de plusieurs expositions dites « pan-russes » comme en 1882, avant que la future capitale ne devienne dès les premières années du XXè siècle le foyer de l’Art moderne et du Constructivisme.
Un sens de la théatralité
La première salle s'ouvre sur la cérémonie du sacre dans la cathédrale de la Dormition, sur la place du Kremlin, où tous les Romanov ont été couronnés. Le scénographe François Payet a repris le plan de la cathédrale, avec en perspective une grande iconostase, cloison constituée de quatre rangées d'icones, qui symbolise la porte du paradis. "Les Russes ont le sens de la théâtralité. Ils ont la volonté de vivre de grands moments. Avec cette église de la Dormition, on entre dans l'un des grands moments de l'histoire russe ", dit François Payet.
Le visiteur passe ensuite dans une salle circulaire où sont exposés des objets précieux - robes brodées, trônes, médailles, candélabre dit "de la Tsarine" - entourés des portraits des principaux tsars depuis Michel (1613-1645) jusqu'à Nicolas II (1895-1917).
L’exposition présente de magnifiques bijoux et pièces d’orfèvrerie, ainsi que les oeufs de Pâques en joaillerie de Fabergé produits jusqu’en 1917 pour le compte des tsars Alexandre III et Nicolas II. Fabriqués en or, diamants, rubis, platine, cristal de roche, émail, les six oeufs exposés ont été prêtés par leur propriétaire actuel, le milliardaire russe Viktor Vekselberg. Dans la même salle, des bijoux de Cartier, Chaumet, Boucheron montrent le goût de la clientèle russe pour la joaillerie française.
Un peu plus loin, des photos du Suisse Pierre Gilliard, précepteur du tsarévitch Alexis, donnent un aperçu de l'intimité familiale du dernier tsar. L'exposition se termine sur un aperçu de l'avant-garde russe, avec quelques toiles cubistes de Lioubov Popova.
Source: AFP
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