22.08.2009

Le punk russe a du mal à trouver ses limites

capt.photo_1250425430066-1-0.jpgLe punk a quasiment disparu des médias russes depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000. Ce bannissement a poussé de nombreux groupes punks vers une musique plus consensuelle, mais pas PTVP (Les derniers chars dans Paris). Et depuis qu'une dépêche de l'AFP a traduit les paroles de leur chanson anti-Poutine, les médias occidentaux, cela n'a rien d'étonnant, ne jurent que par ce groupe .

La chanson qui fait allusion à Vladimir Poutine s'appelle "La pute du FSB" Ses paroles, très élaborées comme il se doit chez ce genre d'individus, vont bien droit au but :

-Il vous ment toujours /Il ne faut pas l'écouter /Poutine, Poutine, Poutine, /Un cochon trouvera toujours de la merde pour se rouler dedans.

Dans son répertoire, le groupe a d'autres chansons où il s'en prend au Premier ministre russe.  Avant de commencer, le chanteur du groupe petersbourgeois, Alexeï Nikonov, récite quelques vers à propos de Poutine, "le rat".:

-Bonjour Beslan, Bonjour Tchétchénie, bonjour les flics, bonjour mon pays /Mon pays libre, mon pays libre, mon pays libre, un million de kilomètres de merde /Bonjour Nord-Ost, bonjour Moscou, bonjour le peuple, bonjour mon pays /Mon pays libre, mon pays libre, mon pays libre, un million de kilomètres de merde.

On se doute qu'avec de tels propos on ne risque pas de les voir passer sur les chaïnes publiques. Ils ont droit d'avoir leurs opinions, mais elles ne seront pas forcément celles de tous leurs compatriotes.

Youri Jakor membre de Nashi, un mouvement de jeunes pro-Kremlin, n'aime pas la musique des groupes punks russes et il explique pourquoi.

"Je n'aime pas les PTVP, mais pas à cause de leurs prises de position politiques : ce qui me dérange, ce sont leurs paroles en général. Une de leurs chansons les plus connues commence par "J'ai fait un trou dans ma main avec un tire-bouchon" De tels propos peuvent sembler normaux en France étant donné l'histoire littéraire particulière du pays avec des poètes comme Charles Baudelaire, mais pour la Russie, c'est trop radical.

On ne les a pas censurés parce qu'ils sont contre le gouvernement, mais parce que ce sont des punks. Et en Russie, c'est simple, on ne laisse pas passer les punks à la télévision ou à la radio. Le genre de musique qui passe à la télévision russe, c'est ce qu'on voit sur MTV ou des concerts de pop officiels.  Même le plus grand groupe russe de punk Grazdanskaya Oborona  n'est jamais passé à la télévision.

La seule musique punk qui est diffusée, c'est celle de groupes comme Korol I Shout [un groupe de pop-punk dont les textes s'inspirent de la mythologie]. Et ce n'est pas du vrai punk.

De toutes façons,  PTVP et son leader Alexeï Nikonov ont choisi cette image d'opposants au gouvernement seulement pour gagner de l'argent. Un punk ne peut pas être en accord avec le gouvernement : c'est un punk. Comme ils ne sont pas dans la capitale, ils ne peuvent pas vendre de la pop ou du R'n'B. Donc, pour gagner leur vie, ils ont trouvé un autre créneau : ils font des concerts de rock dans des clubs hors de prix de leur ville, Saint-Petersbourg. PTVP fait un ou deux concerts dans les meilleurs clubs de cette ville tous les mois. 

La seule raison pour laquelle ce groupe attire l'attention, c'est qu'une grande partie de la presse cherche à présenter Poutine comme un dictateur. Et bien que ce ne soit pas vrai, les journalistes s'en fichent. Je ne pense vraiment pas que PTVP apprécie moins Poutine que les Sex Pistols appréciaient la reine d'Angleterre ou que Georges Michael apprécie Tony Blair ".

 

Source: France 24

 

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