21.08.2009
Halhin Gol, une bataille oubliée aux conséquences incalculables
C'était il y a 70 ans et à part les férus d'histoire, personne en France n'a entendu prononcer ce nom guttural. Halhin Gol, cette victoire soviétiques sur les japonais aux confins de la Mongolie a eu des répercussions incalculabes sur le déroulement de la Seconde guerre mondiale, mais à l'époque personne en France n'en a entendu parler et pour cause. L'actualité d'août 1939 était déjà chargée en Europe. Pourtant, le sort des armes y eut été différent que notre sort à tous eut été probablement changé. A ce titre Halhin Gol est un "what if ", comme on dit Outre-Manche, les plus passionants de l'histoire contemporaine.
Pour comprendre le contexte de cette bataille, il faut savoir qu'à l'époque, le gouvernement japonais oscille entre une tendance expansionniste maritime et une autre continentale, qui à cemoment les faveurs de Tokyo. Sur la frontière mongole, les incidents armés se multiplient entre nippons et soviétiques. L'URSS ne pourra mener un conflit simultané à l'est et à l'ouest et ça Staline le sait.
Staline devant se tranquiliser à l'ouest, discute avec l'Allemagne. A l'est, pragmatisme oblige, il soutient largement¨le nationaliste chinois Tchang-Kaï-Tchek en guerre contre les japonais plutôt que le communiste Mao Tsé Toung lui prodiguant argent et conseillers militaires histoire de fixer un maximum de troupes nipponnes en Chine...
Tokyo, de son bord, doit, coûte que coûte, torpiller les pourparlers germano-soviétiques et attirer Hitler dans son camp: sans l'Allemagne nazie, aucune expansion japonaise vers la Sibérie et ses richesses n'est possible, car à Tokyo, certains sont partisans d'en découdre avec l'U.R.S.S.
L'accroissement des effectifs de l'armée du Kwangtoung, renforce la méfiance des Soviétiques, qui réagissent par l'occupation du Xinjiang en 1934, avec l'accord de Tchang Kaï-Chek. La Mongolie est pourvue de nouvelles voies de communications, l'armée de Sibérie est complétée par des renforts européens et mise au pas lors des Grandes Purges de 1936-1938. La Sibérie est transformée en camp retranché : les taux de répression y sont quatre à cinq fois supérieurs à la moyenne nationale, les goulags se multiplient, les populations frontalières susceptibles de collaborer avec les Japonais sont déportées, l'administration locale est soumise. Les incidents de frontière se multiplient et tournent en vraie batailles rangées en 1938, puis le calme revient en août de la même année.

En avril 1939, devant le risque d'un accord de plus en plus probable entre Hitler et Staline, l'Empereur autorise ses généraux à entreprendre une action limitée en Mongolie Extérieure. Il s'agit de dissuader le Führer de traiter avec Moscou : Hiro-Hito charge son ambassadeur à Berlin, Oshima, de présenter cette incursion comme une action destinée à retenir les forces soviétiques en Asie pendant que l'armée allemande envahira la Pologne.
L'assaut japonais
Le 28 mai 1939, 6.000 japonais attaquent les positions soviétiques au village de Nomonhan, situé sur le Halhin Gol, rivière marquant la frontière entre la Mongolie et la Mandchourie. Les soviétiques se retirent. Les commandants japonais des 23e et 6e divisions y voient un avantage à exploiter...
60.000 soldats nippons se massent alors, près à fondre sur la jeune République Mongole, satellite de l’URSS et attaquer la ligne du transsibérien.
Staline nomme le général Joukov au poste de commandant des forces soviéto-mongoles. Celui ci, tout en bloquant les incursions nipponnes, arrivera à assembler et équiper une armée de 80.000 hommes. Ce n’était pas un mince exploit. L’année précédente, les Japonais avaient achevé de construire une voie ferrée arrivant à quelques kilomètres de la frontière ; mais la tête de ligne la plus proche, base de ravitaillement du premier groupe d’armées soviétique nouvellement créé, en était distante de 650 kilomètres. Or, l’offensive future de Joukov nécessitait l’acheminement, sur les pistes rudimentaires de Mongolie, de 55 000 tonnes de ravitaillement dont 18 000 tonnes de munitions d’artillerie...
Les camions étaient à bout de souffle et leurs conducteurs, surmenés, étaient accablés par la chaleur lourde de la fin d’été et par les tempêtes de sables dévastatrices de l’Asie centrale. La pénurie de camions était telle qu’on devait utiliser parfois les tracteurs d’artillerie pour les transports de ravitaillement.

Une contre-attaque foudroyante
Le dimanche 20 août, à l’insu des Japonais, 35 bataillons d’infanterie, 20 escadrons de cavalerie, 498 chars, 346 véhicules blindés et 502 canons de tous calibres attendaient en silence l’heure H.Pour les Japonais, le signe avant-coureur de la tempête fut, à 5 h 45, un raid aérien de saturation, fort de 150 bombardiers escortés par 100 chasseurs. Ce raid frappa les lignes avancées et les positions d’artillerie. Avant que les Japonais, abasourdis, aient pu se ressaisir, les 250 canons et mortiers lourds de Joukov ouvrirent le feu sur leurs concentrations de troupes en réserve. A 8 h 45, l’infanterie partit à la charge en hurlant, derrière les chars. Sur toute la largeur du front, les vagues d’assaut russes enfoncèrent les lignes japonaises. Leurs défenseurs étaient moralement et physiquement brisés par les trois heures de bombardement : l’artillerie soviétique disposait de pièces plus nombreuses et de plus de munitions que l’adversaire.
Les Japonais ne se laissèrent cependant pas abattre. Sur un certain point du front, l’attaque de leurs fortifications par une division russe assez peu aguerrie se solda par un échec sanglant. Cette division, probablement la 82e d’infanterie venue de l’Oural, se trouva clouée sur place par un feu nourri et son chef demanda de nouveaux ordres à Joukov. Joukov lui enjoignit de poursuivre l’attaque. Comme le commandant de la division mettait en doute la possibilité de le faire, Joukov le releva de son commandement au profit du chef d’état-major de la division. Ce dernier tenta de se conformer aux ordres, mais sans succès. Joukov dépêcha alors un officier de son propre état-major. Après avoir réorganisé son artillerie et reçu l’appui de l’aviation, ce dernier réussit la percée au prix de pertes effroyables.
Le groupement sud de Joukov eut plus de chance. De puissants éléments blindés, comprenant un groupe de canons automouvants et une compagnie de chars armés de lance-flammes, effectuèrent un mouvement tournant autour du flanc gauche. Le 21 août, ils se trouvaient sur des positions solides, derrière les forces japonaises qui opéraient au sud du Hailastyn-Gol, un affluent orienté est-ouest du Halhin-Gol. Deux jours plus tard, le groupement nord, appuyé par la 212e brigade aéroportée, qui formait la réserve de Joukov, se fraya un chemin à travers les hauteurs de Palets à la rencontre du groupement sud. La jonction effectuée, l’ennemi se trouva encerclé. Les combats ne diminuèrent pas d’intensité pour autant.

Terrés dans leurs abris, les Japonais devaient en être délogés au lance-flammes. et bien rares furent les redditions. Mais du côté soviétique, la détermination n’était pas moins sauvage. 600 morts tombés dans des corps à corps farouches, ce fut le tribut à payer pour la neutralisation des abris enterrés de la zone de Palets, lors de la phase finale de l’encerclement.
Le 31 août au matin, tous les Japonais encore présents en territoire mongol étaient morts ou prisonniers. Sur les 60.000 hommes pris dans la nasse, 50.000 furent par la suite déclarés morts, blessés ou disparus. La 23e division, formée de vétérans, subit 99 % de pertes. Quant aux Russes, ils reconnurent 10 000 tués et blessés pour l’ensemble de la campagne, chiffre qui semble considérablement inférieur à la vérité. L’aviation japonaise, malgré son infériorité numérique, prétendit avoir abattu 1200 avions soviétiques (les Russes réclamant 660 victoires pour leur part) en quatre mois d’hostilités. Mais à cette époque, l’appui aérien rapproché immédiat était encore dans les limbes, et l’intervention de l’aviation n’eut pas une influence décisive sur le cours des opérations au sol.
Ce jour-là, le dernier du mois d’août, les tankistes exténués et crasseux de Joukov pouvaient regarder vers l’est au-delà de cette frontière enfin reconquise, en attendant l’ordre de la franchir. Du côté de l’armée du Kwangtoung, c’était la panique. L’état-major japonais faisait le vide dans les dépôts de Mandchourie pour reconstituer des unités à opposer à ce qui semblait devoir être un raz de marée soviétique.
Les japonais renoncent à la Sibérie
L’ordre d’attaque ne vint jamais. En cette fin d’été 1939, Moscou et le monde avaient d’autres préoccupations, plus urgentes. Le jour même où les troupes de Joukov se rejoignaient derrière les lignes japonaises, Staline et Hitler publiaient le pacte de non-agression. Le dictateur soviétique croyait - avec une naïveté inhabituelle - avoir ainsi gagné le temps nécessaire pour préparer son pays à la guerre. Hitler a laché le Japon qui, comprenant qu'il y perdrait beaucoup, se détourne de la Sibérie.
Militairement parlant, la bataille du Halhin Gol a mis en lumière les forces et faiblesses des deux armées. Si les Soviétiques ont réussi à maintenir leurs intentions secrètes, s'ils ont profité de leurs ressources en équipements, et s'ils ont su s'adapter à la nature de leur adversaire ainsi que la topographie du terrain, leurs forces ont connu quelques dysfonctionnements, du moins en juillet : défaut de coordination entre les différentes unités, et surtout entre les avions et les troupes au sol, manque d'initiative à l'échelon local. Encore ces défauts ont-ils été relativement effacés lors de l'offensive du 20 août. Cet engagement est aussi la première victoire d'un jeune général soviétique promis à un brillant avenir, Georgui Konstantinovich Joukov.
Quant aux Japonais, la bataille a démontré de manière flagrante l'insuffisance du matériel, ainsi que l'esprit borné des officiers sur le terrain, obsédés par l'idée d'une contre-offensive et incapables d'organiser une défense conséquente. Cela étant, le soldat japonais a fait la preuve de son immense bravoure, résistant dans la plupart des cas jusqu'à la mort malgré l'afflux de troupes soviétiques. On retrouvera ce même comportement lors de la guerre du Pacifique.

On ne saurait sous-estimer l'impact de la défaite japonaise du Halhin Gol sur la politique de Tokyo. Désormais, le Japon se tournera vers le Sud, vers la Malaisie, Singapour l'Indonésie et les îles du Pacifique. Même lorsque Hitler attaquera l'URSS le 22 juin 1941, les Japonais refuseront d'intervenir en Sibérie. La signature du pacte Molotov-Ribbentrop du 22 août 1939 y est aussi pour quelque chose. Le Japon s'est alors senti lâché par l'allié allemand, ce qui a failli remettre en cause le pacte anti-Komintern de 1936. Et le pacte tripartite signé entre la Japon l'Italie et l'Allemagne le 27 septembre 1940 n'y changera pas grand-chose.
Une bataille oubliée dans dans les steppes mongoles avait changé le cours de la Seconde guerre mondiale...
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05.08.2009
Quand Monaco était une colonie touristique russe

Bien avant le Prince Souvaroff - un aristocrate moscovite qui jetait, dit-on, des pièces d’or depuis sa chambre de l’hôtel Splendid de Monte- Carlo,la colonie russe s’installait sur la Riviera.
Cannes, Nice, Menton accueillent au milieu du XIXe siècle, hivernants, phtisiques, et têtes couronnées attirés par les bienfaits du climat et des bains de mer.
L’impératrice douairière Alexandra Féodorovna, en villégiature à Nice en 1856, inaugure ce nouveau rendez-vous mondain prisé par les grandes Duchesses de Russie.
L’Impératrice Maria Féodorovna et le Grand Duc Georges Alexandrovitch, affaibli, frère de l’Empereur Nicolas II, passent l’hiver 1896-1897 à Cap d’ail, au château de la Terrasse.
Dans ses mémoires, la célèbre danseuse et chorégraphe Bronislava Nijinska, se souvient de son arrivée à Monte-Carlo, en 1911. "Pour aller de la gare à notre hôtel de Beausoleil, nous avons dû traverser toute la ville à pied, avec nos manteaux de fourrure, nos gros bonnets et nos bottes " ! L’hôtel se situait, en haut de la colline, surplombant Monte-Carlo, "non loin du casino de Beausoleil où auront lieu toutes nos répétitions ", ajoutait -elle.
Les danseurs travaillaient toute la journée jusqu’à minuit, mais rentraient toujours déjeuner et diner à l’hôtel. Bronislava se rappelle que, dans la chambre de Vaslav Nijinsky, son frère, se trouvait un grand nombre de livres d’art (Modigliani, Matisse, Cézanne, Gauguin, Rodin).
Le directeur du Riviera Palace loue le prestige de son établissement et rappelle qu’avec le "chemin de fer à crémaillère de la Turbie ", inauguré en 1894, l’hôtel est "situé à 200 mètres en droite ligne au dessus du Casino de Monte-Carlo ".
Construit entre 1898 et 1903 (5 étages,150 chambres, 1000 employés, le jardin d’hiver couvert par une verrière attribuée à Eiffel), il ouvre ses portes en 1904, alors que Monte Carlo Supérieur devient Beausoleil. Camille Blanc, Président de la Société des Bains de Mer devient le premier maire de la commune. Diaghilev, Michel et Vera Fokine, Bakst, Tcherepnine, Colette, Stravinsky, Ravel, Léopold II Roi des Belges, Nicolas II et la famille impériale de Russie, le shah de Perse, viennent y séjourner.
Après la Première guerre mondiale, les touristes se détournent peu à peu de l’hôtel qui ferme ses portes en 1932, à la suite de l’accident du chemin de fer de la Crémaillère.
Source:visitmonaco.com
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04.06.2009
Nouvelle polémique russo-polonaise sur la Seconde Guerre mondiale
Le ministère russe de la Défense s'est attiré une volée de critiques après la publication sur son site d'un article accusant Varsovie d'avoir provoqué la Seconde guerre mondiale en ne cédant pas aux demandes "modérées" des Nazis.
"Toute personne qui a étudié de manière impartiale l'histoire de la Seconde guerre mondiale sait qu'elle a commencé en raison du refus de la Pologne de céder aux revendications allemandes ", écrit le colonel Sergueï Kovalev dans ce texte, publié sur le site dans la section "Histoire: contre les mensonges et les falsifications ".
Ces demandes nazies "étaient tout à fait modérées ", juge M. Kovalev, chef du service de recherche scientifique sur l'Histoire militaire du nord-ouest de la Russie auprès du ministère de la Défense.
D'après lui, la Pologne n'aurait pas dû refuser de rendre aux Allemands la ville libre de Dantzig (l'actuelle Gdansk), et la construction de routes via le corridor de Dantzig pour relier Königsberg (Prusse orientale) au reste de l'Allemagne.
"Au nom de la vérité historique, il faut dire qu'une partie importante de l'échec des tentatives de créer un contrepoids à l'agression fasciste repose sur les petits pays d'Europe ", écrit encore le colonel Kovalev.
Il explique notamment l'absence en 1939 d'un pacte d'assistance mutuelle entre l'URSS, la France et la Grande-Bretagne contre l'Allemagne par le refus polonais de laisser passer sur son territoire des troupes soviétiques en cas d'agression nazie.
Dès lors, selon l'article, le Kremlin, pour retarder son entrée en guerre, se devait de signer un traité de non-agression avec Hitler. Ce document prévoyait aussi le partage de la Pologne entre les signataires et l'occupation soviétique des pays baltes.
Le ministère polonais des Affaires étrangères a demandé des explications à l'ambassadeur de Russie à Varsovie.
Selon le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères, Piotr Paszkowski, le ministère russe a peu après assuré Varsovie que les thèses du texte controversé "ne reflètent aucunement la position de la Fédération de Russie ".
Jeudi soir, l'article était retiré du site du ministère, a constaté l'AFP.
En Russie, l'ONG Mémorial et le journal indépendant Vremia Novosteï ont vivement dénoncé cet article "dangereux " pour les relations russo-polonaises déjà difficiles.
"Cette vision des événements me dégoûte profondément. L'auteur simplifie les faits, les classe ou les déforme afin d'arriver aux conclusions voulues ", a déclaré à l'AFP l'historien Arseni Roguinski, qui préside Mémorial.
"La publication sur le site du ministère de la défense de Russie représente un danger, car si l'on estime qu'il s'agit de l'opinion du ministère, c'est un pas vers une aggravation dangereuse dans les relations internationales ", a-t-il prévenu.
Cette polémique éclate alors que le président russe vient d'ordonner la création d'une commission pour prévenir les "falsifications " de l'Histoire, jugeant notamment que le rôle de l'URSS lors de la Seconde guerre mondiale est trop souvent minimisé ou dénigré.
Dès lors, le quotidien russe Vremia Novosteï relevait jeudi que la manière dont le colonel Kovalev lutte "contre les falsifications de l'Histoire dommageables à la Russie est justement dommageable à la Russie ".
Le ministère de la Défense a tenté de désamorcer la controverse en se distançant du texte, sans pour autant aller jusqu'à en dénoncer le contenu.
Ceci pourrait bien ne pas satisfaire la Pologne, alors que Varsovie n'apprécie déjà guère le refus de la justice russe de réouvrir l'enquête sur le massacre de 22.000 officiers polonais par la police secrète soviétique en 1940 à Katyn.
Source: AFP
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13.05.2009
Six décennies après, la Russie cherche encore les restes de ses soldats
Chaque printemps, quand la terre se dégèle, les chercheurs parcourent les marais et les forêts gigantesques de la Russie, armés de détecteurs de métaux, de pelles et de longues tiges métalliques, cherchant des ossements.
La plupart des chercheurs sont encore des adolescents, leurs ongles sont noircis par la saleté de cette vallée à l'ouest de Moscou, où jusqu'à 30,000 soldats sont morts devant l’avancée de l’armée nazie en 1941. "Ici, il faut penser à ce qu'ils ont fait pour nous. Sans eux, nous ne pourrions pas être là," dit Nikolaï Krasikov, 23 ans, les cuisses plongées profondément dans l'eau boueuse à la recherche de restes.
"C'est notre devoir de retrouver et d’enterrer nos héros avec honneur." Les grands-parents de Krasikov ont été tous mobilisés dans l’armée soviétique dans le conflit connu sous le nom de Grande Guerre Patriotique.
Une de ses grand-mères a réchappé aux 30 mois du siège de Léningrad, où l’on dit que plus d'un million de personnes sont mortes; l'autre à travaillé dans un dépôt sur le front. Ses grands-pères étaient parmi environ 27 millions de citoyens soviétiques qui ont péri dans la Deuxième Guerre mondiale. D'autres millions ont plus simplement disparu.
"Le front, pour les chercheurs avec leurs bêches et leurs détecteurs de métaux, s'étend de Berlin à Moscou" déclare Leonid Melnikov, colonel dans l'armée de terreet à la tête d'un groupe de recherche.
Les volontaires sont accroupis à quatre pattes dans les marais, pour tamiser minutieusement les blocs de boue, dans l'espoir de trouver les minuscule cylindres d’identité portés par les soldats soviétiques.
Habillés en tenue de camouflage de la tête aux pieds avec des grandes guêtres en caoutchouc on dirait des enfants jouant dans la boue, s’il n’y avait pas une pile d’os entassés: les restes de deux soldats soviétiques. Cinq heures de recherche ont remis à jour à une dent, un casque éclaté, un masque à gaz, des balles, des tibias, un obus à shrapnel, une paire de bottines criblées d'os et une chaussure moisie. "On dit que quand vous trouvez un soldat, son âme est libérée," déclare Ioulia, 17 ans, qui fait des études de restauratrice d’art.
"Mes parents ne sont pas très contents que je soie ici, ils sont inquiets parce que je manque l'école. Mes amis ? Je pense qu'ils sont jaloux, mais ils ne le montrent pas vraiment " ajoute-t-elle, alors que retombe en désordre son chignon de cheveux roux de sous son bandana militaire.
Les champs de fouille, situés à environ 140 kilomètres à l'ouest de Moscou, là où la 32e division de fusiliers de l'Armée Rouge a combattu durant 15 jours les troupes allemandes en décembre 1941, ont permis de mettre à jour plus de 600 squelettes ces dix dernières années. Il y a juste quelques jours ce printemps, on a trouvé les restes de huit hommes à cet endroit connu sous le nom de «Vallée de la Mort » .
Personne n'a été identifié et les capsules d'identité récupérées étaient vides, rongées par l'eau et la pourriture ou, peut-être parce que la superstition typiquement militaire faisait que la signature de votre nom au formulaire d'identité annonçait votre mort certaine.
Un jeu d'initiales et une date de naissance, R.A.A. 1920, griffé à l'arrière d'une boussole de poignet et un tube de dentifrice allemand était les seuls indices trouvés avec les os dispersés des soldats perdus. "Pour nous, la guerre n'est pas finie tant que le dernier soldat ne sera pas enterré " déclare Viatcheslav Pirogov, 32 ans dont 11 ans de fouilles.
"Il y a le patriotisme des mots et celui de l'action "
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale il y a 64 ans, les équipes de recherche ont récupéré les restes de plus de 250.000 soldats entassés dans les charniers et les vastes champs de bataille de la Russie, d'après Youri Smirnov le chef des Équipes de Recherche russes, une organisation non gouvernementale. Il estime qu'entre 40.000 et 60.000 personnes à travers le pays se portent volontaire pour ces équipes de recherche, qui fonctionnent presque exclusivement grâce aux donations privées. Seulement une fois, en 1995, à l’occasion du 50e anniversaire de la victoire soviétique sur les Nazis, le gouvernement a donné une petite subvention.
Tous les terrassiers de cette vallée - un barman, un cuisinier, un policier, des enseignants - ont aidé à acheter de leur poche un détecteur de métaux de 1.000 dollars et d'autre équipements.
"La chose la plus triste pour moi est que ce travail soit effectué par des enfants. Les adultes n'ont pas de problèmes vis à vis de l'histoire, mais, les enfants doivent vivre dans le présent " estime Vyatcheslav Pirogov, un professeur qui mène son groupe propre groupe de recherche. Les Pionniers et les Komsomol, les mouvements de jeunesse du Parti communiste, ont bien dirigé la recherche de soldats tombés durant les années 1960, mais les chercheurs se sont plaints que l'état n’en fasse pas assez.
Tandis que Moscou marque sa victoire avec les grandes fanfares et une parade militaire à travers la Place Rouge, les chercheurs prétendent connaître une meilleure façon d'honorer les défenseurs de la nation.
"Il y a le patriotisme des mots et celui de l'action "selon Youri Smirnov." Vous devriez juste une fois voir les larmes dans les yeux d'une grand-mère quand vous lui dites que vous avez enterré son mari ou son frère."
L'année dernière, les chercheurs ont enterré les restes de deux pilotes de chasseurs Yak-7 dans la région de Pskov avec une cérémonie où les honneurs militaires ont été rendus aux cercueils recouverts du drapeau russe. " J’en ai encore les larmes aux yeux en m'en rapellant "se souvient Nikolai Peskoulov, le petit-fils d'un des pilotes, qui a vu la cérémonie depuis son appartement de Moscou sur la chaîne de télévision de l’armée.
"Notre nation est très, très fière de sa victoire," a dit la femme de Nikolai, Ielena. "Nous irons à Pskov ce printemps mettre des fleurs sur sa tombe."
Source: DAWN
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08.05.2009
1941-1945: le coût d'une guerre
En Russie, presque personne ne conteste le terrible bilan de 26,6 millions de pertes dites démographiques, établi en 1993 par un groupe de chercheurs avec à leur tête le conseiller du Centre historique des forces armées russes Grigori Krivocheïev. Le dilemme est ailleurs: comment déterminer les pertes au cours des combats dont la responsabilité n'incombe qu'aux chefs militaires? Les employés du ministère russe de la Défense qui accomplissent ces derniers temps, à la demande du président Dmitri Medvedev, les travaux visant à établir la base électronique des pertes militaires ont annoncé des chiffres sensationnels.
"D'après nos estimations, les pertes militaires générales de l'Armée Soviétique se sont chiffrées à 8.668.400 personnes, a déclaré Alexandre Kiriline, chef du Département du ministère de la Défense pour la commémoration des morts pour la Patrie. Bien entendu, ce chiffre n'est pas définitif. Il peut s'accroitre de 100, 200, voire 300.000 personnes, mais pas de millions ".
L'historien militaire indépendant Alexeï Issaïev estime que le rapport entre les pertes soviétiques et allemandes de 1 à 2 fut le même durant la majeure partie de la guerre, bien qu'il ait atteint 1 à 3, même 1 à 4 aux moments les plus difficiles, surtout durant l'année tragique de 1941. D'ailleurs, à cause du chaos qui régnait lors du recul de l'armée soviétique au début de la guerre, les statistiques militaires de 1941 contiennent d'immenses "taches blanches": selon l'affirmation d'Alexandre Kiriline, les soldats de nombreuses unités qui se trouvaient dans l'encerclement furent considérés comme morts, alors que beaucoup d'entre eux gagnèrent ensuite les leurs et continuèrent à combattre.
Alexandre Kiriline et d'autres employés de son département affirment que les prisonniers de guerre soviétiques péris durant la captivité nazie, ainsi que 103.000 personnes fusillées pour désertion, selon le verdict des tribunaux soviétiques, font également partie de ces pertes de 8,68 millions.
Il convient de signaler que la question relative aux prisonniers de guerre ne sera probablement pas élucidée entièrement. Selon les estimations du Département, il y avait environ 4,5 millions de prisonniers de guerre soviétiques, dont environ 2 millions sont retournés dans le pays. Il est difficile d'établir le sort des autres. La majeure partie d'entre eux sont certainement morts en captivité, mais 390.000 à 700.000 d'autres ont choisi de s'installer dans des Etats occidentaux ou de rester en Allemagne et dans d'autres pays de captivité. "Les Américains nous transmettent actuellement des données sur certains d'entre eux", a fait savoir Alexandre Kiriline.
La base électronique plus ou moins définitive des pertes essuyées dans la Grande Guerre Patriotique sera soumise à l'opinion publique en mai de l'année prochaine. D'immenses pertes non militaires essuyées par l'URSS, essentiellement parmi les civils (18 millions de personnes), selon les nouvelles estimations, suscitent déjà des doutes. Mais puisque 32,400 millions de personnes firent alors l'objet de la mobilisation en URSS dans des périodes différentes, il devient difficile de séparer les pertes militaires des pertes civiles.
D'ailleurs, il est clair dès aujourd'hui que la base des pertes militaires ne cessera d'augmenter. Il faut avouer que la Seconde Guerre mondiale fut une catastrophe aussi épouvantable que nous n'apprendrons jamais toute la vérité sur elle, y compris le nombre exact de morts. Par conséquent, les débats ne cesseront pas, entre autres, sur des sujets aussi délicats que le nombre de victimes, la responsabilité de tel ou tel chef militaire, la contribution apportée à la victoire par tel ou tel pays, etc.
Espérons donc que l'heure viendra où tous ceux qui participent à ces débats s'occuperont tout d'abord de la recherche de la vérité, au lieu de discuter qui a combattu plus habilement et qui a souffert le plus. On peut manifester autrement ses sentiments patriotiques tant dans le pays natal qu'à l'étranger. . Notre pays compte 26.000 tombes communes et quelque 28.000 mémoriaux. Faits de matériaux bon marché dans les années 1950, ils tombent rapidement en ruines. Le ministère de la Défense et le Comité Victoire ont proposé un projet de programme fédéral de rétablissement de ces monuments. Ce programme échelonné sur 5 ans prévoit l'octroi de 10 milliards de roubles (229,4 millions d'euros). La lutte pour cet argent du ministère des Finances promet d'être dure.
Source: RIA NOVOSTI
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Les soldats perdus de la Poche de Lorient
En ce 8 mai, jour de la commémoration de la fin de la guerre 1939-1945, la trouvaille de Gilbert Le Delliou, historien de la petite ville de Ploemeur, à l'ouest de Lorient, permet d'évoquer la mémoire de civils de cette commune morts pour faits de guerre durant « la Poche de Lorient ». Il jette aussi un éclairage sur les soldats russes enrôlés dans l'armée allemande qui se sont retrouvés dans ce coin de Bretagne.
Gilbert Le Delliou vient de retrouver un tract rédigé en 1944 "à l'attention des Russes et autres ressortissants d'origine slave de Lorient ". L'un de ceux-ci, rédigé en alphabet cyrillique, a été retrouvé lors de ses recherches sur les conséquences de la guerre 1939-1945 sur les Ploemeurois de l'époque. Au cours de sa progression vers l'Est, le Troisième Reich avait intégré dans la Wehrmacht, des ressortissants de nationalité soviétique. Au total 800.000 ressortissants de l'URSS ( dont 250.000 non slaves) ont servi entre 1941 et 1945 au sein des « Ostruppen ». A partir de la fin de 1943 ces Ostruppen; qu'il ne faut pas confondre avec l'armée Vlassov; ont été retirées du front de l'Est et envoyées en France, en Belgique et aux Pays-Bas. 2.600 d'entre eux se sont retrouvés piégés par l'avancée Alliée, à partir du 9 août 1944 jusqu'à la capitulation allemande du 8 mai 1945, dans ce qu'on a appelé « la Poche de Lorient ».
Les forces alliées, conscientes de la disparité du recrutement allemand, et soucieuses d'affaiblir l'ennemi par tous les moyens, rédigent et distribuent des tracts "à l'attention des Russes et autres ressortissants d'origine slave de Lorient ", dans lequel il est noté: "L'armée russe a stipulé qu'à partir de maintenant tous les Russes et les ressortissants des Républiques soviétiques qui ont été enrôlés de force dans l'armée allemande et qui déserteront immédiatement, récupéreront leur citoyenneté et leurs droits civiques en Russie soviétique. Vous avez maintenant cette opportunité de vous repentir ".
La population de l'époque craignait par-dessus tout la présence de ces Russes-là. " On en voudra, hélas, pour preuve, l'assassinat de deux Ploemeurois dans des circonstances pitoyables ", souligne Gilbert Le Delliou. Ainsi, le 26 octobre 1944, Eugène Le Gouhir, invalide de la guerre 1914-1918, du village de Kerbrien, refuse de servir du cidre à un groupe de Russes. L'un d'entre eux tire à travers la porte fermée, Le Gouhir est mortellement blessé. Le 2 mars 1945, Armand Lebris, de Quéhello-LeFloch, tente d'empêcher un Russe de se saisir d'une vache volée à Kervéganic, il est abattu froidement. Suite à de multiples exactions, dont ces deux assassinats, mais aussi peut-être à cause du tract diffusé, le commandement allemand décide de désarmer les Russes, au grand soulagement de la population, mais aussi des soldats allemands qui ne les appréciaient guère.
Deux assassinats par balle, quatre enfants tués par des mines ou des grenades et douze adultes par des obus alliés; au total 18 Ploemeurois sont morts durant «La Poche» et laissant derrière eux 25 orphelins: un lourd tribut qui ne figure sur aucune stèle.
Source: LE TELEGRAMME
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Seconde Guerre Mondiale: la bataille de la mémoire continue
Le président russe Dmitri Medvedev a dénoncé aujourd'hui les tentatives croissantes de "falsifications historiques " sur le rôle qu'a joué la Russie dans la victoire alliée contre l'Allemagne nazie lors de la Deuxième Guerre mondiale."Nous rencontrons de plus en plus souvent ce qu'on appelle aujourd'hui des falsifications historiques ", a déclaré M. Medvedev dans un message vidéo sur son blog. "Nous ne laisserons personne jeter le doute sur l'exploit de notre peuple ".
"Nous n'oublierons jamais que c'est l'Union Soviétique qui a apporté une contribution décisive à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, que c'est justement notre peuple qui a anéanti le nazisme et a déterminé les destinées du monde entier, en payant un prix extrêmement élevé ", a souligné le président russe."Nous chérirons cette vérité sur la guerre et nous la défendrons toujours ".
Les autorités russes préparent actuellement un projet de loi prévoyant des poursuites pénales en cas de révisionnisme de l'Histoire de la Seconde Guerre mondiale, appelée en Russie "Grande Guerre Patriotique". Moscou dénonce notamment régulièrement la position des Etats baltes qui jugent avoir été occupés par l'armée soviétique, et non libérés. Certains héros nationalistes et résistants anti-communistes ukrainiens sont aussi considérés par les Russes comme des collaborateurs nazis.
En 1939, Moscou s'était mis d'accord avec l'Allemagne nazie sur l'occupation soviétique des pays baltes et du partage de la Pologne. Les troupes soviétiques ont été repoussées lors de l'attaque nazie contre l'URSS en 1941, avant de revenir à l'issue de la guerre et d'intégrer les trois pays baltes dans l'URSS.
Source: AFP
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01.04.2009
Katyn, un film qui visiblement dérange
Katyn, le dernier film du réalisateur polonais Andrzej Wajda est sorti aujourd'hui sur les écrans français. En catimini bien sûr.
Katyn, l'histoire d'un drame de la Seconde guerre mondiale, période qui n’en fut pourtant pas avare. Katyn : de 15 à 22.000 officiers polonais assassinés sciemment par Staline. La vérité sur ce massacre est récente. Le cinéaste Andrzej Wajda dont le père fut l’un militaires assassinés, retrace cette histoire dans son nouveau film. Un film qui fait grincer des dents parmi le Parti communiste et ses affidés, d'où la censure de ce film.
Plus d'infos sur ce film
En septembre 1939, la Pologne est occupée par les Soviétiques. Staline emprisonne 23.000 soldats polonais qu’il fait assassiner par le NKVD, sur proposition de Béria, au printemps de 1940. Le maître de l’Union Soviétique décapite la Pologne.
Les victimes sont des personnalités, des officiers, des étudiants, des médecins, brefs des membres de l’élite, considérés hostiles à l’envahisseur. Ce n’est que dans le contexte de la Glasnost que la responsabilité du NKVD fut évoquée pour la première fois en URSS par l’historienne soviétique Natalia Lebedieva, en août 1989. Le chiffre de 15 131 morts est avancé. Gorbatchev admet publiquement la responsabilité de l’Urss en 1990.
Les sources divergent sur le nombre de morts. A Katyn, une clairière dans une forêt de Biélorussie, 4.100 officiers sont abattus d’une balle dans la nuque. Plus de 20.000 autres sont abattus à Kharkov et Kalinine.
Le nouveau film d’Andrzej Wajda est tiré d’un roman polonais, Post mortem , d’Andrzej Mularczyk. Il retrace cette histoire qui touche de près ce réalisateur puisque son père Jakub Wajda, capitaine au 72e régiment d’infanterie, fut l’une des victimes du carnage. En 1940 Andrzej a 14 ans.
Jusqu’au bout les victimes ne comprenaient pas ce qui allait se passer, n’imaginaient pas ce qui les attendaient, explique Wajda dans une interview. Ce film, il y pense depuis longtemps. Mais jusqu’au moment où la vérité a éclaté, il était impossible d’évoquer ce sujet.
Pourtant les officiels russes, encore aujourd’hui, restent évasifs quant aux véritables raisons de cette tuerie. Ils essaient "à présent d’accréditer la thèse que ce ne fut pas un crime de masse signé par Staline, mais le résultat d’une quantité d’incidents fragmentaires ", expliquait le réalisateur au Figaro.
En 1946, le procureur soviétique Vichinski tentera, en vain, d’introduire le meurtre de Katyn dans l’acte d’accusation du procès de Nuremberg et de faire endosser le crime par les Allemands. Les Etatsuniens connaissent la vérité depuis 1942, mais se sont tus. Mais les Polonais savent. Aujourd’hui encore des veuves refusent même leur pension car elles ne veulent signer aucun document stipulant que leur conjoint a été assassiné par les nazis.
Il ne s'agit en aucun cas pour l'équipe de ce blog d'accabler les citoyens russes, à part ceux qui se glorifient de leur passé tchékiste, n'y sont pour rien dans ce drame. D'autant plus que le Russie que nous nous efforçons de faire connaître et aimer, n'a rien à voir avec l'URSS. L'URSS était un autre pays, une monstrueuse entité qui avait pris possession de la Russie et a maintenu le peuple russe dans l'esclavage durant 70 ans.
Il s'agit pour les Russes de regarder le passé, tout le passé, en face. Sans rien oublier. De la même façon qu'Alexandre Soljenitsyne, lors d'une visite en Vendée, a exhorté les Français à faire de même concernant les crimes commis au nom de la République durant la Révolution française.
18:07 Publié dans Culture et loisirs, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.03.2009
Les Ballets russes ont 100 ans
La conclusion du stage de vacances de l'école du CCN de Roubaix, le Centre chorégraphique du Nord, s'est déroulée sur la scène du Colisée. Rendant hommage au centenaire de la première visite française des Ballets russes, la danseuse Sarah Nouveau a présenté l'histoire et les apports incontestables de ces ballets, révolutionnaires pour leur époque.
Différents moments de danse ont illustré la conférence, évoquant un ballet, un chorégraphe, un thème. Ces Ballets ont su innover en même temps que la société du début du XXe siècle et marquent encore la danse de leurs génies.
La conférence démarre avec une évocation des "Sylphides" de Fokine. Si "la danse et le ballet ont été libérés par les Ballets russes ", selon l'écrivain Boris Kochno, la rupture se fera surtout par les influences. Le 18 mai 1909, la troupe de Serge de Diaghilev est au théâtre du Châtelet. Les ballets deviennent courts, entrent dans des « soirées de danse ». Le public est conquis. Diaghilev monte alors une troupe permanente. Les Ballets Russes ouvrent les portes de la modernité au ballet en ouvrant largement ses frontières. Fokine, Nijinski, Massine, Nijinska, Balanchine en seront des chorégraphes novateurs. Leurs ballets présentés par les danseurs ont tous amené un nouveau langage dansé. Une danse libre et poétique à la façon d'Isadora Duncan pour Fokine, une frénésie hors de l'académisme pour Nijinski, l'audace et la complexité pour Balanchine.
Venus de toute l'Europe
Les Ballets russes ont ouvert aussi leur esprit à l'Orient et à la Russie. Fokine plonge dans les Mille et Une Nuits avec Schéhérazade , Stravinsky évoque le folklore russe pour Les Noces, de Nijinska, et L'Oiseau de feu, de Fokine.
L'atmosphère flamenca n'échappe pas à Massine pour Las Meninas. Nijinska ouvre le ballet aux Années Folles. Son Train Bleu réunit Jean Cocteau et Coco Chanel le long du chemin de fer menant à Deauville et des sportifs au bord de l'eau. Le ballet s'ancre dans la réalité.
La grande révolution apportée par les Ballets Russes aura été l'ouverture vers les autres arts. Des musiciens comme Debussy, Satie, Stravinsky, Poulenc, des peintres comme Picasso ou Matisse donnent l'écho d'un « théâtre total » où tous les arts se rencontrent, partagent leurs inspirations et fusionnent en dehors des cadres établis. L'héritage des Ballets Russes traversera les frontières bien après la dissolution de la troupe. Lifar, Balanchine et Marie Rambert en porteront le message dans le monde entier.
Source: LA VOIX DU NORD
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26.02.2009
Le gouvernement russe veut poursuivre les révisionistes
A l'instar des gouvernements d'Europe de l'Ouest, qui interdisent toute remise en cause ou de rectification des jugements du tribunal de Nuremberg jugeant les crimes nationaux-socialistes, Moscou veut poursuivre les révisionistes de la " Grande guerre patriotique". En l'occurence, ceux qui minimiseraient ou nieraient le rôle de l'Armée Rouge dans la libération de l'Europe pourraient se voir refuser l'accès au territoire russe. Ou bien seraient passibles de poursuites s'ils mettaient le pied dans le pays.
Ce projet de loi vient après les émeutes de Tallin au printemps 2007, où les autorités estoniennes avaient déménagé le monument aux morts soviétiques du centre-ville vers un cimetière militaire, provoquant des émeutes de la part de la minorité russe. A Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine les autorités locales avaient procédé de même provoquant l'ire de Moscou qui assimilent cette attitude à du négationnisme.
Comme le montre ce reportage, on touche ici à un point très, très sensible. Aussi bien pour les Russes que pour les autres peuples d'Europe orientale. Pour les uns les soldats de l'Armée rouge sont des libérateurs alors que pour les autres ce ne sont que de nouveaux occupants. Comme en Occident ou la mémoire de la Shoah est de plus en plus prégnante au fur et à mesure que les derniers témoins s'éteignent, les querelles autour de la guerre sur le front de l'Est empoisonne de plus en plus les relations entre la Russie et ses voisins.
Par delà ces querelles diplomatico-mémorielles, nous pouvons nous interroger sur le fait de savoir si les responsables politiques sont bien les personnes les plus habilitées pour dire ce qui est conforme ou non à l'histoire.
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