06.08.2009

De Moscou à Saint-Petersbourg au fil de l'eau

galerie-membre,russie,russie33.jpgC'est une invitation à voir la Russie autrement, en prenant son temps, que nous propose Armelle Barguillet Hauteloire avec cette histoire publiée sur Agoravox.

 

Découvrir la Russie par la voie des eaux de Moscou à Saint-Pétersbourg, à bord d’un des bateaux qui voguent sur la Volga et la Neva de mai à septembre, permet de réaliser le voeu inaccompli de Pierre le Grand et de faire un voyage extraordinairement séduisant et original.

 

Difficile de décrire la magie de cette croisière qui a l’avantage de nous révéler quelques-uns des joyaux de la sainte Russie et nous met d’emblée en relation avec mille ans d’histoire. Sortis tout droit du XIX e siècle, les villages, dominés par les coupoles de leurs églises, ponctuent cette navigation qui s’effectue entre des berges bordées d’épaisses forêts de bouleaux et de résineux, familières aux seuls chercheurs de champignons et de baies sauvages.

Là s’ébattent une faune encore préservée de loups, renards, ours et élans, cygnes, grues et oiseaux sauvages. Ce matin, lorsque la brume se dissipe, une lumière boréale pèse sur les datchas. L’heure est à la relecture des classiques russes où tout est déjà écrit du soleil teinté d’or jouant à cache-cache derrière les bouleaux de Carélie, du pécheur qui brandit sa prise ou de la maisonnette accolée à sa meule à foin.

Mais ce qu’il faut déplorer, c’est la quasi disparition de l’élevage et de l’agriculture dans ces étendues illimitées, les Russes d’aujourd’hui en étant réduit à importer leur blé et leur viande, alors que leurs plaines auraient pu nourrir la planète entière …

 

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29.07.2009

Bienvenue à Outoulik

16291234.jpgPour ceux qui rêvent de vacances " à la soviétique" , les bases touristiques du lac Baïkal vous attendent. Sans garantie de confort de confort " à l'occidentale".

Au bout d'une petite route cabossée serpentant entre les arbres, quelques cahutes en bois émergent, derrière une grille : bienvenue à la base touristique « Baïkal », vestige d'un centre de vacances soviétiques.Les bords du lac sibérien, mythique pour de nombreux amoureux du Transsibérien, sont parsemés de ces complexes, baptisés du temps de l'URSS « tourbazy ». L'Agence pour le tourisme d'Irkoutsk, chargée de la promotion de la région, en recense une centaine rien que sur ses rives ouest et sud.
Peu de touristes étrangers s'aventurent dans ces endroits au confort spartiate. « Ces lieux sont usés », reconnaît Ekaterina Slivina, chef de l'Agence de tourisme.
A « Baïkal », peu de choses ont vraiment changé depuis l'époque soviétique : des lits étroits, des matelas jaunis, des murs en feuille de papier à cigarette excluant toute intimité, une cantine à horaires stricts où il faut montrer sa « carte de touriste », des toilettes communes à la turque...
"La base est née dans les années 50 ", raconte Vladimir Kharitonenko, directeur du centre. "Les chemins de fer avaient construit quelques maisons pour leurs ouvriers. Au début des années 60, ils ont cédé l'endroit au syndicat d'Irkoutsk ", poursuit cet homme jovial au ventre replet. Dès lors, le complexe accueille les « camarades travailleurs » envoyés par leur entreprise.
Le système soviétique des congés était strict. Une fois par an, les administrations délivraient à chaque employé un  bon de séjour  lui permettant de partir pendant plusieurs semaines se reposer dans un des centres dépendant de l'entreprise pour laquelle il travaillait, sur le Baïkal, la Baltique ou la Mer Noire.

Certaines sociétés ont conservé jusqu'à aujourd'hui leurs bases : la compagnie énergétique régionale Irkoutskenergo possède dans le village de Mourino un centre répondant au doux nom d'« Energuetik ». Aujourd'hui, les touristes sont surtout des Russes aux moyens limités, venus des régions voisines, dont la Bouriatie, la région de Tchita ou Krasnoïarsk.
Pour améliorer l'accueil, le directeur a fait construire quelques chalets à un étage, entièrement équipés. "Les gens ont besoin de confort maintenant ", convient-il.

 

 

Source: AFP

25.07.2009

Nouvelles impressions sur le Transsibérien

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Une légende colportée largement du temps des Bolchéviques dit que le Tsar Alexandre III, qui décida de la construction de la ligne trans-sibérienne, se pencha un jour sur la carte de la grande Russie, prit une règle et traça une ligne droite entre Moscou et Vladivostok. La ligne du chemin de fer devant suivre exactement son tracé. Seulement, son doigt dépassant de la règle, le crayon traçait une portion de la ligne en demi cercle suivant en cela le pourtour du doigt du Tsar. Les architectes n'osant pas revenir sur le tracé du Tsar tout puissant, érigèrent la ligne suivant le tracé sur la carte en tenant compte du couac effectué par le crayon lorsqu'il contournait le doigt du Tzar dépassant de la règle ! Mais cela n'est qu'une légende malveillante, bonne à connaître toutefois.

 

 

Il y a bien d'autres légendes autour de cette ligne trans-sibérienne, et ce n'est donc pas un hasard si nombre d'européens voudraient bien pouvoir, au moins une fois, l'emprunter afin de traverser, en train, le plus grand pays du monde.

 

  Tout d'abord, ce train est il vraiment conforme à ce que l’on attend  ?

La ligne trans-sibérienne est desservie par bon nombre de trains. Certains l'empruntent jusqu'à Vladisvostok, d'autres s'arrêtent en route. Ils n'offrent pas tous la même qualité de prestations. Parmi les plus confortables, le « Baïkal » et le « Kama ». Le premier relie Moscou à Irkoutsk sur les rives du lac dont il porte le nom, le lac Baïkal, l'autre s'arrête à Perm, principale ville sur les bord de la rivière « Kama » d'où son appellation. Notons qu'il existe aussi le « Khabarovsk » et le « Rossia » qui pour le premier vous mènera jusqu'à la ville dont il porte le nom, « Khabarovsk » aux confins de la Sibérie, l'autre jusqu'à Vladivostok. Comme vous le constatez il n'existe pas de train trans-sibérien, mais des trains qui circulent sur la ligne dite « Trans-sibérienne ».

Inutile de parler  de tous ces trains, ce serait trop long, il y en a une multitude qui desservent la ligne, chaque jour et dans les deux sens.

Lorsque l'on prend le train en Russie et pas seulement sur la ligne trans-sibérienne, nous avons le choix de la classe de compartiment dans laquelle nous allons voyager. La première classe est appelée en russe, « SV », il s'agit de compartiments couchettes deux places, confortables incluant le service de literie et de repas. La seconde classe dîte « Kupé » permet de voyager dans un compartiment de 4 couchettes. Selon le prix du billet elle inclut la literie ou non , les repas ou non. Et puis il y a la troisième classe dite « Platskart ». Alors là c'est carrément l'aventure. Voyez plutôt, 50 couchettes dans le même wagon, entassé les uns à coté des autres. Aucun service, ni repas. C'est pas cher mais voyager si ce n'est que 24 heures dans ces conditions relève plus, pour nous autres européens habitués à notre confort, du chemin de croix, que d'un voyage d'agrément.

 

Ainsi les trains de la ligne trans-sibérienne, loin d'être tous aussi confortables les uns que les autres, ne sont pas, loin s'en faut, aussi luxueux que le fameux Orient-express auquel certains, plus mal informés que malveillants auraient tendance à les comparer.

 

 

Emprunter la ligne transsibérienne, un réel plaisir à condition de bien s’organiser

 

 

Pour peu que cela soit organisé par des professionnels ou des gens qui s’y connaissent qui sauront choisir les trains et les classes de compartiments pour votre voyage cela peut être un voyage très agréable. On peut y découvrir alors durant le périple, un microcosme composé de voyageurs regagnant leurs contrées éloignées, de touristes venus admirer les paysage de la Russie au travers des vitres du train, de familles partant rejoindre leurs proches pour les fêtes ou même des hommes d'affaires préférant la sécurité du train, malgré sa relative lenteur, à la rapidité de l'avion des lignes intérieur russes qui offrent parfois une toute relative sécurité. Ainsi au fil des arrêts, on constate que, dès l'arrivée du train en gare, une nuée de vendeurs ambulants se pressent sur les quais afin de vous proposer tout ce qu'il est possible de vendre. Pommes de terres chaudes, piroushkis, vodka, liqueurs diverses, fruits, peluches sont ainsi proposés aux passagers qui font leur marché, durant l'arrêt, sur le quai, étonnant !

 

Et puis, il faut l'avouer, nous autres Français, nous avons bonne presse en Russie. Et si au détour du wagon restaurant qui, il faut le préciser, et quelque soit le train, propose des plats typiques de la cuisine russe à des prix toujours très abordables, vous êtes interpellé par un russe qui, le sourire aux lèvres vous dira : « Fransouz ? », par ce qu'il vous aura entendu parler le français avec vos compagnons de voyage, ne soyez pas inquiet ! Il y a de fortes chances qu'il vous propose de trinquer à la santé de nos deux pays et à l'indicible amitié qui lie nos deux patries depuis des siècles déjà. Il vous demandera de lui parler de Paris, de la France, en contre partie il se fera l'interprète de vos demandes auprès du personnel de service du wagon restaurant en vous conseillant sur le choix de vos plats. Et puis, tard dans la soirée, vous regagnerez votre compartiment, un peu ivre certainement, mais le cœur empli de cette convivialité russe qui n'a pas son égale ailleurs dans le monde. C'est aussi cela le trans-sibérien, je dirais même, c'est surtout cela le trans-sibérien.

 

 

Selon certaines  brochures concernant la ligne trans-sibérienne, il serait  possible de prendre une douche dans le train ! Pour cela il suffirait de s'équiper d'une douchette qui s'adapterait sur les robinets des lavabos des toilettes du train ! Visiblement ces gens là n'ont jamais vu ni de près ni de loin un wagon de la ligne trans-sibérienne et encore moins ces toilettes. Même si les WC sont toujours très propres car, il faut le savoir, chaque wagon est supervisé par une responsable, qui veille à tout, et qui réside 24 heures sur 24 dans le wagon, vous proposant pour quelques roubles café, thé, chocolat et autre douceurs et qui s'occupe de l'entretien du wagon, des compartiments et des toilettes, il est strictement impossible de raccorder une douchette sur le robinet des lavabos des toilettes du train. Impossible car, il n'y a pas de pas de pas de vis pour visser le tuyaux de la douchette d'une part et d'autre part, le mécanisme de déclenchement de l'arrivée d'eau se fait par une pression en dessous du robinet !!!

 

 

Enfin, ne pas hésiter pas à fractionner son voyage en faisant un ou deux arrêt d'une nuit sur le trajet. Je vous conseille comme étape Iekaterinbourg, déjà en Asie et aux portes de la Sibérie, cette ville moderne et accueillante vous permettra de vous dégourdir les jambes, de visiter des lieux historiques remarquables, et puis, une nuit à l'hôtel avec douche et confort sera la bien venue.

 

 

 

Source : Russorama

05.06.2009

Du Cercle polaire à Saint-Pétersbourg en huit étapes

parcours_chamade.jpg"Chamade", le voilier des deux journalistes suisses, Sylvie Cohen et son mari Marc Decrey, s'apprête à larguer les amarres à Kirkenes en Norvège. Depuis deux ans, le voilier Chamade navigue pour promouvoir le don d’organes.

 

Ce projet mené en collaboration avec le Centre de transplantation du Centre hospitalier universitaire vaudois permettra à des greffés du coeur, du foie, des poumons et des reins de rallier la mer Blanche à la mer Baltique par le Bielomorsk Kanal, le Canal de la Mer Blanche.

Partant du Cap Nord en Norvège, début juin, le voilier Chamade fera escale à Mourmansk et Arkhangelsk, dans la mer Blanche, avant de rejoindre St Petersbourg en empruntant le fameux Bielomorsk kanal, construit au début des années trente sous le régime de Staline, par les prisonniers du goulag de l’archipel Solovietski.

 

A chacune de ces étapes, des rencontres seront organisées entre des greffés suisses et russes qui pourront témoigner de ce qu’ils ont vécu et échanger leurs expériences afin d’encourager le don d’organes. A bord de Chamade, les passagers pourront expliquer à quel point le fait d'avoir été transplanté n'empêche en rien l'exploit et l'exploration de lointains espaces, tout en découvrant deux hauts lieux de l’histoire et du patrimoine orthodoxes russes : les îles Solovietski et Kiji, classées patrimoine mondial de l’Unesco.

 

Mené en collaboration avec le CHUV et Swisstransplant, le projet Chamade, sous la conduite de Sylvie Cohen et Marc Decrey, a bénéficié d’une autorisation spéciale du gouvernement de la Fédération de Russie. Grâce à une ordonnance du premier ministre Vladimir Poutine, le voilier, battant pavillon suisse, pourra emprunter le Canal de la Mer Blanche, interdit jusqu’ici à la navigation étrangère.

En été 2009, l’aventure continue pour une équipe romande. En effet, une greffée de rein neuchâteloise, une greffée du coeur et un greffé du foie genevois, ainsi qu’un greffé de poumons et rein vaudois se relayeront à bord pour cette traversée exceptionnelle du Grand Nord russe.

03.06.2009

Développer le tourisme en Russie

russia-tours.jpgLe tourisme étranger et intérieur peut être pour la Russie une des principales voies de diversification de son économie. Pour l'instant, le nombre de touristes étrangers qui se rendent en Russie est nettement inférieur à celui des Russes qui vont se reposer ou faire du tourisme hors de chez eux: quelque 2,3 millions de personnes contre 11,3 millions. Mais les autorités russes sont certaines qu'avec le développement de l'infrastructure touristique le nombre de touristes s'accroîtra: dès les toutes prochaines années, la Russie pourrait devenir l'une des destinations touristiques les plus prisées dans le monde.

La Russie représente une zone exceptionnelle de tourisme, pour l'essentiel, en raison de son immense territoire: c'est le plus grand pays du monde. Avec une superficie de 17 millions de km2, elle s'étend sur onze fuseaux horaires, de la mer Baltique, à l'ouest, jusqu'à la mer du Japon, à l'est, en couvrant de nombreuses zones climatiques. Elle se caractérise par des étendues immenses, une quantité innombrable de zones ayant un climat particulier, une flore et une faune exceptionnelles, des réserves naturelles et des curiosités.

La Russie n'est peut-être pas la destination idéale pour se reposer sur une plage, mais cela n'y rend pas les vacances moins diversifiées ni moins attrayantes. Ses grands fleuves - la Volga, l'Ienisseï, la Lena - avec leur flore et leur faune richissimes ont, semble-t-il, été créés tout exprès pour les croisières, la pratique de la pêche, la navigation sur des radeaux, catamarans et autres canots. De multiples lacs russes sont pittoresques et d'une pureté exceptionnelle: l'eau de certains d'entre eux, tels le Baïkal et les lacs de Carélie, peut être bue sans crainte. Les montagnes et les contreforts du Caucase attireront certainement les amateurs d'alpinisme, de spéléotourisme, de randonnées pédestres, de rafting et de kayak, de ski alpin et de deltaplane. Ceux qui préfèrent se reposer au calme ne seront pas non plus déçus, car la Russie est prête à leur proposer de nombreuses stations climatiques et thermales dans les montagnes.

Les particularités naturelles, historiques et culturelles de la Russie sont pleinement exploitées par de nombreuses sociétés de tourisme qui développent intensivement, ces dernières années, le tourisme écologique, sportif, extrême, le ski alpin, ainsi que le tourisme de découverte, d'affaires, de croisière, de pêche et de chasse, les voyages à l'occasion d'événements particuliers, sans oublier le tourisme gastronomique ou celui lié à des aventures.

La présence d'instructeurs, qui contrôlent en permanence la situation sur les itinéraires et assurent la sécurité lors des circuits touristiques, les équipements spéciaux et les moyens de communication dont disposent les sociétés de tourisme permettent aux personnes n'ayant pas de connaissances spéciales ni suffisamment d'expérience pour organiser leurs voyages elles-mêmes de s'initier au tourisme actif.

La majeure partie du pays étant recouverte de neige pendant plusieurs mois de l'année, le tourisme à ski est un des types les plus répandus de tourisme actif. A présent, les circuits à ski organisés par des firmes touristiques peuvent se dérouler avec un confort maximum: un ou deux véhicules spéciaux tracent des pistes, transportent les bagages et les équipements. Les régions peu habitées et peu urbanisées ont suscité le développement du tourisme rural et du tourisme ethnographique. Les touristes peuvent être logés dans des maisons paysannes, ou bien dans des maisons spécialement construites pour eux, découvrir les métiers locaux et participer aux fêtes nationales des différents peuples.

Outre les conditions naturelles, historiques et culturelles, certains facteurs sociaux contribuent également au développement du tourisme étranger: le bon pouvoir d'achat des devises étrangères, la liberté de déplacement sur la majeure partie du territoire du pays, notamment dans des régions aussi attractives sur le plan touristique que l'Extrême-Orient, Sakhaline, les Kouriles, l'Oural, le Nord de la Russie, ainsi que Nijni-Novgorod et Samara, villes jadis fermées pour les touristes étrangers.

 

Source: RIA NOVOSTI

16.03.2009

Les Russes rognent sur les voyages à l'étranger

30-tourism.jpgCrise économique oblige, les Russes vont rogner sur leur budget de vacances en Europe et vers d'autres destinations lointaines, prédit dimanche Rosturism, l'office d'Etat du tourisme. Le nombre total de séjours de vacances à l'étranger chutera de 20 à 25% cette année, affirme le président de Rosturism, Anatoli Iarotchkine, cité part l'agence de presse Interfax. Les touristes russes ont envahi ces dernières années les grands sites touristiques de la planète grâce au boom d'une économie dopée notamment par l'envolée des cours des matières premières.

Mais la crise actuelle frape de plein fouet la Russie, où le chômage touche 6,1 millions de personnes, soit 8% de la population active, et où le rouble s'est déprécié d'un tiers par rapport au dollar et à l'euro. Selon les statistiques publiées sur le site internet de Rosturism (www.russiatourism.ru), le nombre de voyage d'agrément effectués à l'étranger  avait crû de 21% en 2008 pour atteindre 11,3 millions de touristes.

La destination préférée des touristes russes est la Turquie ( 2,2millions de séjours), qui n'exige pas de visa.

 

Source: REUTERS

07.03.2009

En Transsibérien, d'Irkoutsk à Moscou

51972060803101127.jpegCe soir, nous quittons Irkoutsk. Wagon 7, compartiment 1 du Baïkal, en première classe. Sur la tablette, près de la fenêtre un bouquet de fleurs en plastique bleu. Toujours à l'heure, le Transsibérien s'ébranle à 16 h 42 précises. Moins d'une heure plus tard, la provodnika, l’hôtesse de wagon, vient installer matelas et draps. Elle s'appelle Irina, et a des amis en Australie. Elle aime la France et voudrait aller à Paris

Le lendemain, nous nous réveillons avec l'aube. Par la fenêtre, givrée malgré la chaleur du train, s'étend un infini enneigé de bouleaux et de pins. De loin en loin, des hameaux, des villages aux toits meringués, leurs maisonnettes de bois aux cheminées fumantes cernées de palissades de bois et de petits jardins endormis, des sovkhozes abandonnés aux bâtiments éventrés. Pravaïa, une bourgade perchée sur le versant d'une colline, apparaît pour disparaître presque aussitôt: sur le chemin longeant la voie, trois hommes avancent péniblement, traînant derrière eux leur fardeau de petit bois. Russie éternelle de l'hiver.

10 h 30. Première escale de 20 minutes à Krasnoïarsk. Première occasion de descendre du train sans risque de le voir partir, de faire quelques courses. Sur les quais, les vendeuses des kiosques se terrent derrière des ouvertures grandes comme des boîtes à lettres. Les wagons restent, mais la locomotive change — comme tous les 300 à 400 km. Pendant ce temps, comme toutes ses collègues, Irina se glisse sous le train pour frapper à la hache les essieux enrobés d’une gangue de glace.

Le temps passe, au rythme du roulis et du tangage. Il s’étire à certains moments, s’évapore à d’autres. L'heure n'a plus guère d'importance: les horaires mentionnent celle de Moscou, on ne peut que s'y perdre. Jour après jour, les villes, les arrêts défilent, de moins en moins fréquents : Omsk, Nazivaïevskaïa, Ichim, Tioumen (la ville du pétrole), Iekaterinbourg que tout le monde désigne encore sous le nom de Sverdlovsk, même sa gare… Le train progresse dans un silence tranquille, à peine entrecoupé par les incursions d'Irina, lorsque le ménage lui laisse le temps d'échanger quelques paroles. Du matin au soir, du soir au matin, elle n'a de cesse, avec sa collègue qui la relaie chaque 12 h, de briquer le couloir, les toilettes, les vitres… Rien n'échappe à sa fougue, pas même le sol de notre cabine, aspiré deux fois par jour!

Deux jours se sont écoulés, déjà. La plupart des autres passagers sont descendus à Novossibirsk ou avant. Les allers et retours au wagon-restaurant rythment les journées. Chaque midi, nous commandons les mêmes toasts aux œufs de saumon. Après, au choix: poulet grillé et frites, saumon encore, en pavé, en soupe ou en carpaccio, omoul fumé, un cousin de la truite tiré des eaux du lac Baïkal. Pas de grande cuisine, juste de quoi manger, en regardant la cuisinière s’activer. Beaucoup préfèrent acheter les beignets à la viande ou à la pomme de terre proposés chaque matin, en porte à porte, par le factotum du train.

Troisième soir, au KM 1770: une grosse borne blanche, entrevue par la fenêtre, signale la limite entre Asie et Europe. Durant la nuit, le train franchit l’Oural tranquillement et lentement, virage après virage.
Il est 16 h 52, pas une minute de plus, pas une de moins, lorsque le train entre en gare de Moscou, après 76 heures de trajet. Le périple s’achève déjà: nous serions bien restés un peu plus longtemps, à contempler sereinement les paysages. Irina repart le soir même pour Irkoutsk : 5152 km d'une fantastique traversée à l'échelle.

 

Source: routard.com

27.02.2009

Russia inside: la Russie en side-car

russia_1.jpgUne vocation de globe-trotter ne débute pas forcément par la lecture de Jules Verne. Dans le cas de Thomas Nicolas, ce serait plutôt par celle des « Signe de piste ». Toujours prêt pour le départ, l'ancien scout aveyronnais devenu ingénieur dans l'industrie a voulu durant l'été 2006 faire la route dans l'esprit du " Voyage à Sakhaline " de Tchékov..
Le film qui en a été tiré,« Russia inside » raconte en une heure d'images pétaradantes, son odyssée motocycliste au pays des Soviets, une destination qu'il portait en lui comme un rêve d'enfant. Avec son épouse Chrystel, il a choisi le side-car comme moyen de locomotion : " Moins fatigant que le vélo, plus convivial que la voiture ". Le couple a toujours accordé autant d'importance à la manière de se déplacer qu'au but du voyage. " Nous sommes allés au Maroc en stop, puis en Irlande à bord d'une Austin mini, au Burkina Fasso avec une 2 CV. Nous avons parcouru les Cévennes à pied avec un âne. Un véhicule insolite fournit une entrée en matière pratique pour rencontrer les gens du pays. "
De ce point de vue, le side-car s'est révélé un auxiliaire zélé. De construction russe et d'inspiration BMW, le Dniepr MT 16 datant de 1966 est tombé en panne aussi souvent qu'il fallait pour assouvir leur soif de contacts. " À force de réparations, il est revenu en meilleur état qu'il n'était parti ! "
Armé d'une caméra numérique dont il découvrait le fonctionnement, Thomas a tout appris de la technique cinématographique sur le terrain. Les films de voyage qu'il avait lui-même appréciés lors de festivals lui ont servi de modèle. " J'ai ramené des heures d'images, mais elles n'ont pris de véritable sens que par le travail du monteur et du sonorisateur qui ont su respecter l'esprit de notre périple. " 
 
La magie des espaces sibériens
 
L'Europe de l'Est, Saint-Pétersbourg, Moscou, l'Oural, les steppes et la taïga à perte de vue jusqu'au lac Baïkal : la rencontre avec Jules Verne a quand même fini par se produire… Et c'est la traversée des grands espaces sibériens sur les traces de Michel Strogoff qui a fourni au couple ses souvenirs les plus forts : nuits chez l'habitant, bivouacs improvisés, galères mécaniques, paysages sublimes, rencontres chaleureuses.
Au retour, le film s'est imposé comme le meilleur moyen de partager ses émotions. En attendant d'en vivre d'autres. À trois cette fois, car une future voyageuse est arrivée entre-temps. La prochaine fois, il faudra choisir plus grand que le side-car !

 

 

 

Source: LA NOUVELLE REPUBLIQUE

 

 

NB: la vidéo de la première partie de leur périple, de l'Ardèche à Saint-Pétersbourg, est disponible ici

23.02.2009

Une église hors du temps en Carélie

kiji.jpgFermez les yeux. Vous venez de faire une dizaine d'heures de bateau sur le lac Onega, dans le nord de la Russie. Tout ce temps, vous n'avez aperçu à peu près personne et n'avez guère vu davantage d'habitations.

Puis, subitement, une découverte proprement stupéfiante vous surprend vis-à-vis du 62e parallèle (grosso modo à la hauteur d'Iqaluit dans le nord du Québec), à quelque 400 km à vol d'oiseau au nord-est de Saint-Pétersbourg.

 On se croirait sorti tout droit d'un conte de fées tant ce qu'on aperçoit a l'air d'émerger de l'imagination débridée d'architectes extravagants. On découvre alors une île dans laquelle est érigé une espèce de bâtiment fou surmonté de multiples coupoles qui donnent à l'ensemble un air de palais des Mille et une nuits.

 

Dans ce lieu tout à fait improbable, vous avez devant les yeux un joyau inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1990: l'enclos paroissial (pogost) de Kiji où on trouve, entre autres, deux églises en bois datant du XVIIIe siècle, un clocher octogonal, également en bois, de même qu'un enclos ceinturant le tout.

Outre leur beauté singulière, l'intérêt particulier de ces constructions est qu'elles ont été érigées sans aucun clou, ni autre pièce de métal. Selon des habitants de l'île, l'explication en serait que les clous étaient à cette époque destinés exclusivement à la «construction» de Saint-Pétersbourg.

L'attraction principale de l'enclos paroissial de Kiji est l'église de la Transfiguration du Saint-Sauveur, une construction de bois de forme octogonale surmontée de 22 coupoles argentées ressemblant à des bulbes. Juste à côté, on trouve l'église de l'Intercession de la Vierge, surmontée, elle, de neuf coupoles.

Fait important à signaler, c'est presque par miracle que l'ensemble a échappé à la «folie athéiste» du régime soviétique, alors qu'on considéra qu'il s'agissait d'oeuvres démontrant le génie de la «créativité prolétarienne», qu'il ne fallait pas démolir.

Jouxtant les deux églises, on trouve aussi quelques isbas traditionnelles (toutes en bois), ainsi que des granges, silos, saunas et même un moulin à vent qui serait le plus ancien de Russie. Ce qui fait de l'ensemble une sorte de musée à ciel ouvert de l'architecture russe en bois.

Très peu de personnes (une cinquantaine) vivent dans l'île en permanence, mais ce nombre augmente l'été en prévision de la saison touristique. Reste que les autorités russes restreignent le nombre de visiteurs (qui sont assez étroitement surveillés) de peur que les lieux soient saccagés et perdent leur attrait.

Quand on accède à l'île, on a un peu l'impression d'entrer dans une autre époque, comme si le temps s'était arrêté il y a longtemps quelque part sur le lac Onega. D'ailleurs, on s'imagine sans peine, ici, en plein hiver, au milieu du XIXe siècle, en plein coeur d'une nuit glaciale, alors que la bourrasque s'infiltre dans les habitations et qu'il faut de grandes rasades de vodka pour tromper aussi bien l'ennui que le froid.

En été, au moment où les touristes peuvent se rendre à Kiji, les couchers de soleil ont lieu aussi tard qu'à minuit. Mais cela a nécessairement une contrepartie, l'hiver, alors qu'il fait noir dans le nord de la Russie une vingtaine d'heures par jour.

Malheureusement, lors de notre visite, l'église de la Transfiguration du Saint-Sauveur était en rénovation, ce qui nous a empêchés d'y pénétrer. Par contre, la visite de l'église de l'Intercession de la Vierge nous a permis de découvrir un intérieur typique des églises russes avec sa riche iconographie.

Peut-on se rendre facilement à Kiji? Certaines croisières fluviales entre Moscou et Saint-Pétersbourg  offrent ce détour fantastique à travers la république de Carélie, via le lac Onega, le deuxième plus grand de Russie. Les voyageurs peuvent aussi réserver des excursions en bateau à partir de Saint-Pétersbourg. Également, des grossistes européens offrent des excursions mixtes train-bicyclette-hydroglisseur qui permettront d'accéder à l'île.

Dernier détail. Quand vous vous promenez d'un bâtiment à l'autre dans l'île, les guides locaux vous préviennent de faire bien attention de ne pas rencontrer de vipères. Jadis considérées comme sacrées, celles-ci, nous prévient-on, abondent dans les herbes hautes.

 

Source: Pierre-Paul Gagné, LA PRESSE

11.12.2008

La Russie prête à supprimer les visas pour l'Europe

Moscou est prêt à supprimer « dès aujourd'hui » le régime des visas entre la Russie et l'Union européenne, a affirmé, hier mercredi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, au cours d'une rencontre avec des représentants de l'Association des hommes d'affaires européens à Moscou. L'idée de l'ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, de supprimer les visas entre la Russie et l'Union est donc « toujours d'actualité ». Un tel accord « serait un projet commun brillant qui témoignerait du développement de nos relations », a poursuivi Sergueï Lavrov

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